Les États-Unis ont mené de nouvelles frappes contre l’Iran dimanche 28 juin 2026, ciblant des sites de stockage de missiles et des radars côtiers près du détroit d’Ormuz, après une attaque iranienne contre un navire commercial dans la même zone. Cette riposte intervient moins d’une semaine après la signature d’un mémorandum d’entente (MoU) censé stabiliser la région, mais les deux parties s’accusent mutuellement de violations.
Les conditions de la rupture du mémorandum de juin 2026
Le mémorandum signé le 17 juin 2026 entre Washington et Téhéran prévoyait une réduction des tensions dans le détroit d’Ormuz, un goulet d’étranglement stratégique pour 40 % du commerce maritime mondial de pétrole. L’Iran s’était engagé à faciliter le transit des navires commerciaux, tandis que les États-Unis promettaient de ne pas cibler ses installations militaires. Pourtant, l’attaque du 27 juin contre le Ever Lovely, un cargo singapourien, a brisé cette fragile accalmie.
Selon un responsable américain cité par CNN, l’Iran a lancé un drone contre le navire, premier incident de ce type depuis la signature de l’accord. En représailles, les États-Unis ont frappé des sites de stockage de missiles et des radars côtiers, comme l’a annoncé le président Donald Trump sur les réseaux sociaux :
« Les États-Unis ont frappé des emplacements de stockage de missiles et drones iraniens, ainsi que des sites radar côtiers, pour violation de l’accord de cessez-le-feu. Une nouvelle fois. Il est possible qu’ils ne comprennent jamais. »
L’Iran a immédiatement dénoncé ces frappes comme une violation unilatérale de l’accord, selon des déclarations rapportées par Al Jazeera. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien a souligné que Téhéran avait respecté ses engagements, tandis que Washington était accusé de saboter les négociations.
Les ambiguïtés du mémorandum sur le contrôle du détroit d’Ormuz
L’enjeu central reste le contrôle du détroit d’Ormuz, où l’Iran et les États-Unis s’opposent sur la définition des règles de transit. Le mémorandum stipulait que Téhéran devait « faire des arrangements pour garantir la sécurité des navires commerciaux », mais sans renoncer à son influence régionale.

Or, selon Al Jazeera, l’accord incluait une clause ambiguë permettant à l’Iran et à Oman de « définir ensemble l’administration future » du détroit – une formulation interprétée comme une tentative de maintenir une emprise iranienne sur le passage. Les États-Unis, eux, exigent un accès inconditionnel, sans ingérence étrangère.
Ce dimanche, un nouvel incident a été signalé : un pétrolier aurait été touché par un « projectile non identifié » dans la zone, selon des sources maritimes citées par CNN. Si l’origine de l’attaque n’est pas confirmée, elle illustre la volatilité persistante malgré la trêve.
Les réactions croisées entre menaces militaires et tensions diplomatiques
1. Les États-Unis durcissent le ton
Donald Trump a multiplié les avertissements, allant jusqu’à menacer l’Iran de « disparaître en tant qu’État » si les attaques continuaient, selon ABC News. Dans une publication sur les réseaux sociaux, il a écrit :
« Si cela continue, nous serons forcés de terminer militairement ce que nous avons très bien commencé. Si cela arrive, la République islamique d’Iran n’existera plus. »
Ces propos, jugés provocateurs, ont été condamnés par des responsables iraniens. Le chef négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a répondu via les réseaux sociaux :
« Nos forces armées sont prêtes à riposter. Ne croient-ils pas que si leurs menaces avaient un effet, ils ne seraient pas au bord du désespoir aujourd’hui ? Nous ne comptons pas sur leurs avertissements. Ils feront mieux de faire attention à leurs déclarations. »
2. L’Iran rejette les concessions sur l’enrichissement nucléaire
Parallèlement, le président iranien Masoud Pezeshkian a réaffirmé que son pays ne renoncerait pas à son droit d’enrichir l’uranium, un point de blocage majeur dans les négociations nucléaires en cours à Genève. Cette position, rapportée par ABC News, s’inscrit dans une stratégie de résistance aux pressions occidentales, perçues comme des tentatives de marginaliser Téhéran.
3. Les alliés régionaux sous tension
Les frappes ont aussi provoqué des réactions en chaîne dans le Golfe. Des sirènes d’alerte aérienne ont retenti au Bahrein et au Koweït dimanche, selon Al Jazeera, sans qu’il y ait de confirmation d’attaques directes. Ces pays, alliés des États-Unis, craignent une extension du conflit à leur territoire.
Les scénarios possibles après la rupture de la trêve et leurs conséquences régionales
1. Une trêve en lambeaux
Le mémorandum de juin 2026 reposait sur un équilibre précaire : les États-Unis acceptaient de ne pas bombarder l’Iran en échange d’un engagement iranien à ne pas bloquer le détroit. Or, les frappes américaines de ce week-end sont les premières depuis la signature de l’accord, selon CNN. Cela suggère que :

- Washington considère que l’Iran a rompu le cessez-le-feu en attaquant le Ever Lovely.
- Téhéran voit dans les frappes une violation américaine, malgré les garanties données.
Cette escalade de réciprocité risque de saper toute confiance dans les négociations futures.
2. Un risque d’embrasement régional
Le détroit d’Ormuz est une ligne rouge pour plusieurs acteurs :
- L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pourraient être poussés à soutenir les États-Unis, craignant une menace iranienne accrue sur leur sécurité.
- La Chine et la Russie, partenaires commerciaux de l’Iran, pourraient condamner les frappes américaines, mais sans s’engager militairement.
- Israël, déjà impliqué dans des tensions avec l’Iran via des frappes en Syrie et au Liban, pourrait exacerber les risques d’une guerre par procuration.
3. Les négociations nucléaires en péril
Les pourparlers sur le programme nucléaire iranien, relancés à Genève, pourraient être reportés ou abandonnés. L’Iran exige des garanties contre les sanctions, tandis que les États-Unis et leurs alliés veulent des limites strictes sur l’enrichissement. Les frappes actuelles renforcent la position des durs à Téhéran, qui pourraient exiger des concessions supplémentaires en échange de toute coopération.
Depuis 1979 et la révolution islamique, les relations entre l’Iran et les États-Unis ont été marquées par des cycles de tensions et de trêves éphémères. Le mémorandum de juin 2026 semblait offrir une pause, mais les récents événements montrent que :
- Ni Washington ni Téhéran ne sont prêts à faire des concessions majeures sans garanties.
- Le détroit d’Ormuz reste un enjeu géopolitique majeur, où une erreur de calcul pourrait déclencher une guerre ouverte.
Pour l’instant, les deux camps évitent une escalade directe, mais la volatilité persiste. La question n’est plus de savoir si un conflit éclatera, mais quand – et à quel prix.
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