À partir du samedi 11 juillet, la Babenbergerburg de Gars accueille une nouvelle production de « Madama Butterfly » de Giacomo Puccini. Sous la direction artistique de l’intendant Clemens Unterreiner et la baguette du chef d’orchestre Karsten Januschke, cette mise en scène en plein air promet une immersion totale dans le Japon du début du XXe siècle. Le site, niché dans le Waldviertel, se transforme pour l’occasion en une scène lyrique où les mondes sonores asiatiques, les grandes émotions et l’atmosphère unique de la ruine se rejoignent.
Clemens Unterreiner définit le style Garser pour la production de Madama Butterfly
Une tradition d’élégance à la Babenbergerburg

Située dans le Waldviertel, la forteresse historique de Gars-am-Kamp se transforme à nouveau en un temple lyrique. Pour cette édition, l’intendant Clemens Unterreiner insiste sur une approche qui privilégie l’esthétique et la clarté narrative. « Nous lions avec le “style Garser” la tradition vécue à une élégance intemporelle, totalement exempte de clichés poussiéreux ou d’expérimentations », déclare Unterreiner. Selon lui, le public peut s’attendre à une mise en scène esthétique et compréhensible, où « les novices de l’opéra tout comme les connaisseurs peuvent simplement se détendre et faire l’expérience d’un pur plaisir opératique ».
Léopold II et les Babenberger marquent l’histoire millénaire de Gars
L’histoire du site ajoute une profondeur particulière à l’événement. Il y a mille ans, Gars occupait le rang de centre de pouvoir. Les Babenberger avaient non seulement érigé un château à cet endroit, mais l’avaient également habité en tant que résidence principale. Toutefois, la chance ne fut que de courte durée pour les premiers souverains autrichiens dans la vallée du Kamp : la bataille de Mailberg fut un fiasco, que Léopold II ne survécut que grâce à une fuite, un événement qui entraîna par la suite une famine.

Matthias von Stegmann met en scène le destin tragique de Cio-Cio-San
Le drame de Cio-Cio-San sous les étoiles
Le choix de « Madama Butterfly » s’inscrit dans la volonté de présenter l’une des œuvres les plus poignantes de l’histoire de la musique. Lorsque le soleil se couche lentement sur les murs historiques du château de Gars et que le Waldviertel est plongé dans une lumière magique, le drame se déploie. L’opéra relate le destin tragique de la geisha Cio-Cio-San, qui attend avec espoir le retour de son époux américain. La mise en scène, confiée à Matthias von Stegmann, tire parti du cadre naturel de la ruine pour créer une atmosphère propice à cette œuvre comptant parmi les plus populaires du répertoire grâce à ses airs mondialement célèbres et sa puissance émotionnelle.

La distribution réunit plusieurs voix notables pour porter cette partition exigeante. Les rôles principaux sont interprétés par une équipe composée de Kristiane Kaiser, Eugenia Dushina, Daria Sushkova, Elsa Janulidu, Vitaliy Kovalchuk, Gabriel Arce et Paolo Rumetz. La production se distingue par ses sonorités exotiques et une intensité qui transporte le public au cœur du Japon du début du XXe siècle. La direction musicale est assurée par Karsten Januschke, garantissant une lecture rigoureuse de la partition dans cet écrin naturel.
Kristiane Kaiser et Eugenia Dushina interprètent les rôles principaux dans le Waldviertel
Une expérience culturelle ancrée dans le Waldviertel
La réussite de ce projet repose sur l’équilibre entre le respect de la tradition et la mise en valeur du site historique. Pour Clemens Unterreiner, le « style Garser » constitue le pilier de cette programmation, cherchant à unir une élégance intemporelle à une accessibilité immédiate. Alors que les spectateurs s’installent dans les gradins de la Babenbergerburg Gars, le cadre naturel du Waldviertel devient un élément scénographique à part entière. En transformant la ruine en scène d’opéra, l’organisation propose une expérience où la musique et le patrimoine se rencontrent sous le ciel nocturne.
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