Google sous pression : plus de 1300 employés dénoncent la collaboration avec les autorités d’immigration américaines
MOUNTAIN VIEW, Californie – Plus de 1300 employés et contractuels de Google ont signé une pétition demandant à l’entreprise de révéler et d’annuler tout contrat avec les autorités d’immigration américaines, dans un contexte de tensions croissantes concernant la protection des données personnelles et l’éthique des partenariats technologiques avec les forces de l’ordre. La pétition, publiée vendredi, accuse Google de tirer profit de ce que les signataires qualifient de « répression violente de l’État ».
Cette contestation interne intervient quelques jours après la révélation par The Intercept que Google a transmis des données personnelles à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) concernant Amandla Thomas-Johnson, une étudiante britannique et journaliste. Les informations partagées incluaient son nom d’utilisateur, son adresse physique et une liste détaillée des services Google associés à son compte, suite à une assignation à comparaître. L’étudiante avait brièvement participé à une manifestation pro-palestinienne à l’université Cornell en 2024.
« Nous sommes fermement opposés aux partenariats de Google avec le Département de la Sécurité intérieure (DHS), les Douanes et la Protection des frontières (CBP) et ICE », affirment les employés dans la pétition. Ils exigent que la direction de Google divulgue tous les contrats et collaborations avec ces agences et y mette fin.
L’affaire Thomas-Johnson met en lumière une pratique préoccupante : l’utilisation d’assignations à comparaître par ICE pour obtenir des données d’utilisateurs auprès des géants de la technologie, sans nécessiter de mandat judiciaire. Selon National Today, cette situation soulève des questions cruciales sur la protection de la vie privée des utilisateurs et la coopération des entreprises technologiques avec les autorités.
Les employés de Google ne sont pas les seuls à exprimer leur inquiétude. Des employés d’Amazon, Spotify et Meta ont également signé une lettre similaire, demandant à ICE de quitter les villes où ils opèrent. Ce mouvement témoigne d’une prise de conscience croissante au sein de l’industrie technologique concernant les implications éthiques de la collaboration avec les forces de l’ordre.
La pétition cite également des cas de décès impliquant ICE, notamment ceux de Keith Porter, Renee Good et Alex Pretti, pour illustrer les conséquences potentiellement mortelles de l’application de la loi sur l’immigration. Les signataires dénoncent le rôle de Google dans ces tragédies et exigent que l’entreprise prenne ses responsabilités.
« Google est aujourd’hui un maillon important d’une chaîne honteuse d’entreprises privées profitant de la répression violente de l’État », déplorent les employés. « Nous devons nous unir en tant que communauté Google et exiger la fin de cette utilisation scandaleuse de notre travail. »
Pour l’instant, Google n’a pas répondu à la pétition. L’affaire soulève des questions fondamentales sur la responsabilité sociale des entreprises technologiques et leur rôle dans la protection des droits civils et de la vie privée des utilisateurs.
