Le commandement militaire iranien a annoncé samedi la fermeture du détroit d’Ormuz, invoquant des violations du mémorandum d’entente sur le cessez-le-feu par les États-Unis et Israël. Cette décision intervient alors que des frappes israéliennes se poursuivent au Liban, menaçant de faire dérailler l’accord de paix fragile conclu cette semaine entre Téhéran et Washington.
Escalade dans le détroit d’Ormuz : les faits
Le Corps des gardiens de la révolution islamique a officiellement confirmé la fermeture du détroit d’Ormuz à tout trafic maritime, avertissant les navires que leur sécurité ne pourrait être garantie s’ils tentaient d’approcher la voie navigable, selon des informations rapportées par l’Economic Times. Le commandement militaire iranien a qualifié cette mesure de « première étape » et a prévenu que des actions ultérieures étaient prévues si l’agression se poursuivait.
Téhéran justifie ce blocage par ce qu’il qualifie de « violation claire de ses engagements » par les États-Unis et Israël, en référence aux clauses du mémorandum d’entente signé plus tôt cette semaine. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a dénoncé ce qu’il considère comme une « violation claire de la confiance ».
Divergences entre Washington et Téhéran sur la réalité du blocus
Malgré l’annonce iranienne, la situation sur le terrain reste sujette à caution. Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a affirmé samedi que 55 navires marchands avaient transité par le détroit, transportant notamment plus de 17 millions de barils de pétrole vers les marchés mondiaux, selon un rapport de NBC News. Le CENTCOM a déclaré que ses forces « restent présentes et vigilantes pour garantir que tous les aspects de l’accord avec l’Iran soient respectés, obéis et en pleine force et effet ».

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Le vice-président américain JD Vance a soutenu cette position, déclarant sur Fox News que Washington n’avait vu aucune preuve concrète d’un blocus effectif. M. Vance a toutefois réitéré la volonté de l’administration de « donner une chance aux négociations avec l’Iran ».
Le point de rupture : les frappes au Liban
La tension est exacerbée par la poursuite des opérations militaires israéliennes au Liban, malgré l’accord de cessez-le-feu censé couvrir tous les fronts. Samedi, des frappes israéliennes ont causé la mort d’au moins 16 personnes, dont deux enfants, dans le sud du Liban. Des bilans rapportés par l’agence nationale de presse libanaise (NNA) font état de sept personnes encore coincées sous les décombres.
« Les FDI restent attachées à l’accord de cessez-le-feu », a déclaré l’armée israélienne, affirmant que le Hezbollah avait « lancé plus de 50 projectiles vers les soldats des FDI opérant dans le sud du Liban » durant la nuit.
De son côté, le Hezbollah a réfuté ces accusations, affirmant avoir « adhéré au cessez-le-feu depuis vendredi soir » et accusant Israël de fabriquer des prétextes pour « saboter l’accord » entre l’Iran et les États-Unis. La situation diplomatique demeure extrêmement précaire, avec des émissaires américains, dont Steve Witkoff et Jared Kushner, actuellement en Suisse pour tenter de stabiliser les pourparlers.
Perspectives et enjeux des 60 prochains jours
L’accord actuel, qui prévoyait une libre circulation dans le détroit d’Ormuz pour une période de 60 jours, est désormais sous pression directe. Le président Donald Trump a menacé d’imposer des péages américains dans la voie navigable si un accord définitif n’est pas conclu dans ce délai. Cette menace, couplée aux annonces de l’IRGC, transforme le détroit en un baromètre de la réussite ou de l’échec de la diplomatie américaine au Moyen-Orient.

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La capacité des deux parties à maintenir le cessez-le-feu au Liban déterminera probablement la pérennité du transit maritime. Alors que les États-Unis parient sur la poursuite des discussions — avec des négociations attendues dès dimanche — l’Iran maintient sa rhétorique de confrontation, plaçant la communauté internationale dans l’attente d’une possible escalade des « étapes ultérieures » annoncées par le commandement militaire iranien.
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