Colombie : Contrat de 6 milliards de pesos pour l’investiture d’Abelardo de la Espriella en août 2026
La Cancillería colombienne a officiellement adjugé, le vendredi 10 juillet, un contrat d’une valeur supérieure à 6 milliards de pesos destiné à l’organisation de ses événements institutionnels. Ce marché public inclut spécifiquement la logistique entourant la cérémonie d’investiture du président élu, Abelardo de la Espriella, prévue pour le 7 août 2026.
Le contrat couvre un large éventail de prestations logistiques, allant de l’hébergement des délégations internationales au transport, en passant par la conception et la distribution des invitations, le montage technique et le protocole. Selon les informations communiquées, ce dispositif restera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026 ou jusqu’à l’épuisement des ressources allouées. Bien que 17 candidats aient initialement manifesté leur intérêt, la Cancillería a finalisé son choix parmi les trois soumissionnaires ayant satisfait à l’ensemble des exigences du processus.
Un débat sur le lieu de la cérémonie

L’organisation de cet événement est au cœur d’une controverse juridique et politique. Le président élu, Abelardo de la Espriella, a manifesté le souhait que la cérémonie se tienne au sein d’une garnison militaire. Cette intention s’inscrit dans une volonté de décentralisation et de soutien aux forces armées.
Cependant, le gouvernement du président sortant, Gustavo Petro, a exprimé une position divergente. Par l’intermédiaire de Mariana Pacheco Montes, coordinatrice de l’empalme du secteur des Affaires étrangères, le gouvernement a souligné que le cadre constitutionnel, notamment l’article 192 de la Constitution, exige que le président prête serment devant le Congrès de la République. Selon cette lecture, le remplacement du cadre institutionnel habituel par une installation militaire ne serait pas conforme à la loi.
La stratégie du transfert de siège
Face à la position du gouvernement sortant, l’équipe d’Abelardo de la Espriella a sollicité le Congrès pour évaluer la possibilité d’un transfert temporaire de son siège. La requête, adressée aux secrétaires du Sénat, Diego Alejandro González González, et de la Chambre des représentants, Jaime Luis Lacouture Peñaloza, s’appuie sur l’article 140 de la Constitution et la loi 5 de 1992. Ces textes permettent au Congrès de changer de siège sous réserve d’un accord entre les deux chambres.
Le président du Sénat, Lidio García, a confirmé que cette option pourrait être techniquement envisageable si une proposition est dûment déposée et approuvée par le Sénat et la Chambre des représentants. Selon García, la présentation de cette proposition pourrait avoir lieu lors de l’installation du nouveau Législatif, le 20 juillet prochain.
Exigences juridiques et logistiques

Pour que la cérémonie puisse se tenir valablement hors du Capitolio Nacional, plusieurs conditions strictes doivent être remplies :
* Accord législatif : Le Sénat et la Chambre doivent approuver le changement de siège par des propositions distinctes.
* Quorum : Le secrétaire général du Sénat, Diego González, a précisé que la tenue d’un Congrès en séance plénière hors du siège habituel exige un quorum décisionnel séparé dans chacune des deux chambres.
* Procédure : L’équipe de transition a demandé un concept institutionnel sur la viabilité juridique du transfert, le quorum nécessaire et le détail du règlement parlementaire à suivre pour acter ce changement.
À ce stade, aucune décision n’a été actée. La discussion reste ouverte, le mouvement « Salvación Nacional » ayant annoncé son intention de soutenir les démarches visant à permettre la tenue de l’investiture dans une base militaire, telle que celle envisagée à Popayán. Le Congrès devra désormais répondre aux interrogations soulevées par l’équipe du président élu afin de définir si un cadre légal permet de déroger au lieu traditionnel de la prestation de serment.
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