Bruxelles : Scandale à l’hôpital, une femme victime de fausse couche arrêtée par la police
BRUXELLES, BELGIQUE – Une affaire choquante secoue actuellement Bruxelles. Une femme a été arrêtée par la police après avoir été refoulée d’un hôpital alors qu’elle subissait une fausse couche, selon des informations rapportées par Bruxelles Today et confirmées par son avocate, Me Selma Benkhelifa.
Les faits se sont déroulés dans la nuit de ce jour. La patiente, arrivée aux urgences vers 5h30 du matin, souffrait de fortes douleurs et d’une hémorragie.Selon le témoignage de son avocate, le médecin de garde aurait privilégié une question sur sa maîtrise du néerlandais à la prise en charge médicale.Face à l’impossibilité de la patiente de répondre dans cette langue, le médecin se serait limité à une prise de tension et à la prescription d’un antidouleur, sans procéder à des examens complémentaires tels qu’une échographie.
Après avoir insisté pour recevoir des soins appropriés, la femme aurait été confrontée à l’intervention de la sécurité puis de la police, le médecin affirmant qu’elle n’était pas enceinte. Les forces de l’ordre l’auraient ensuite sortie de l’hôpital et l’auraient laissée sur le trottoir, en pleine hémorragie. Une passante a tenté de lui porter secours avant que la police ne revienne pour procéder à une “arrestation administrative”.
Au commissariat de Molenbeek, la situation aurait empiré. la patiente a été victime d’insultes et enfermée dans une cellule malgré son état critique. Son avocate rapporte des propos choquants tenus par un policier : “Ferme ta gueule, sale chienne”. Une policière lui aurait également ordonné de nettoyer son propre sang avec son manteau.
Ce n’est qu’après un changement d’équipe que les secours ont été alertés et la patiente transférée à l’hôpital saint-Anne Saint-Remi, où le diagnostic de fausse couche a été confirmé.
Une plainte a été déposée contre le médecin et les policiers impliqués. Me Benkhelifa dénonce une affaire révélatrice de préjugés racistes persistants dans le milieu médical, évoquant notamment le “syndrome méditerranéen”, une forme de discrimination implicite envers les personnes d’origine méditerranéenne.
Contexte et enjeux : La discrimination dans les soins de santé
Cette affaire relance le débat sur l’accès aux soins pour tous, indépendamment de la langue parlée ou de l’origine ethnique.Le “syndrome méditerranéen”, souvent évoqué dans ce type de situation, se manifeste par une tendance à minimiser les plaintes de patients issus de cultures méditerranéennes, considérées comme plus expressives ou plus enclines à la dramatisation.
Les organisations de défense des droits de l’homme rappellent que l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme interdit les traitements inhumains ou dégradants, et que l’accès aux soins est un droit fondamental. Cet incident souligne la nécessité d’une formation continue du personnel médical et des forces de l’ordre en matière de diversité culturelle et de lutte contre les discriminations. Il est également crucial de garantir la présence de traducteurs médicaux dans les hôpitaux pour faciliter la interaction entre les patients et les professionnels de santé.
