La Fondation de Sharjah pour le développement des capacités a lancé le programme « Masar » en 2026 pour préparer les jeunes Émiratis au marché du travail. Ce cycle de formation, alliant ateliers théoriques et applications pratiques, se concentre sur les compétences professionnelles, l’intelligence artificielle et la communication interpersonnelle pour accroître la productivité des diplômés.
Le calendrier et les critères de sélection de Masar 2026
L’initiative a ouvert ses inscriptions en mai 2026. Selon Al Khaleej, la date limite pour s’inscrire était fixée au 7 juin 2026. Le processus de sélection s’est ensuite déroulé via des entretiens personnels entre le 15 et le 18 juin 2026.
La Fondation a précisé que ces entretiens visaient à choisir les participants selon des critères stricts. L’objectif est de garantir la qualité des résultats et l’efficacité du parcours, qui combine orientation individuelle et formation technique. Ce processus de filtrage permet d’aligner le profil des candidats avec les objectifs spécifiques du programme, assurant que les jeunes diplômés sélectionnés possèdent la motivation nécessaire pour suivre un rythme d’apprentissage intensif.
L’articulation pédagogique du programme : de la communication à l’IA
- Jours 1 et 2 : Focus sur les styles de communication. Les participants ont analysé les différents modes d’interaction pour renforcer la confiance et le travail d’équipe à travers des simulations de milieu professionnel.
- Jours 3 et 4 : Transition vers les compétences techniques. L’accent a été mis sur la rédaction professionnelle de CV pour maximiser la compétitivité des candidats.
Un volet crucial concerne l’intégration technologique. Les ateliers ont examiné les meilleures pratiques pour utiliser les outils d’intelligence artificielle afin d’accélérer les flux de travail et d’améliorer la créativité, tout en prônant un usage conscient pour garantir la qualité des livrables. L’approche consiste à traiter l’IA non pas comme un substitut à la réflexion humaine, mais comme un levier de productivité permettant aux jeunes professionnels de se concentrer sur des tâches à plus haute valeur ajoutée.

L’enjeu régional de l’employabilité des jeunes
Si Sharjah mise sur la formation technique, d’autres régions font face à des défis structurels plus profonds. En Jordanie, la situation souligne l’urgence de réformer les systèmes éducatifs pour les aligner sur les besoins du marché.
Selon l’UNESCO, le taux de chômage des jeunes en Jordanie atteint 22 %. Ce chiffre cache une disparité de genre marquée, avec un taux de 31 % chez les jeunes femmes contre 20 % chez les hommes. Cette situation reflète un décalage persistant entre les diplômes académiques obtenus et les compétences techniques réellement demandées par les employeurs privés.
Pour répondre à ce fossé, la Jordanie a mis en place un Plan stratégique pour l’éducation 2026-2030. Ce plan, couplé à la Vision de modernisation économique, positionne les jeunes non plus comme de simples bénéficiaires, mais comme des partenaires actifs de la réforme. L’objectif est d’intégrer des compétences transversales et numériques dès le cycle scolaire pour réduire le taux de chômage structurel.
La stratégie émiratie : investir dans le capital humain
L’approche de Sharjah s’inscrit dans une vision nationale plus large centrée sur la construction de l’individu. Cette stratégie est renforcée par des initiatives comme le « Document des Cinquante ans », qui encourage l’investissement dans la connaissance. Ce cadre stratégique vise à diversifier l’économie des Émirats arabes unis en réduisant la dépendance aux hydrocarbures et en misant sur une économie basée sur le savoir.

Le lien entre culture et développement professionnel est également central. Comme le rapporte Al Bayan, la promotion de l’intellect et de la culture est vue comme un moteur de développement durable. L’utilisation des technologies avancées est encouragée pour servir les créateurs et les acteurs du secteur culturel, créant ainsi un écosystème où le savoir théorique et l’innovation technologique se rejoignent. Cette synergie permet de former des citoyens capables de naviguer dans des environnements professionnels hybrides, mêlant créativité et maîtrise technique.
L’enjeu pour Masar et les programmes similaires est de transformer la compétence académique en employabilité réelle. En combinant le savoir-être (communication, confiance) et le savoir-faire (IA, CV), la Fondation de Sharjah tente de réduire la friction entre la fin des études et l’entrée effective dans la vie active. En investissant dans ces compétences « molles » (soft skills) et techniques, l’institution cherche à créer un pont direct entre l’université et l’entreprise, assurant ainsi que les diplômés ne soient pas seulement qualifiés sur le papier, mais opérationnels dès leur premier jour de travail.
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