Ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol risque de lourdes peines pour tentative de coup d’État
SEOUL, Corée du Sud – L’ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol a comparu jeudi devant un tribunal de Séoul pour écouter le verdict dans une affaire de rébellion, liée à sa tentative avortée d’imposer la loi martiale en décembre 2024. L’affaire, qui a plongé la Corée du Sud dans sa plus grave crise politique depuis des décennies, pourrait lui valoir une peine de prison à vie, voire la peine de mort, bien que cette dernière soit rarement appliquée.
Le procureur spécial chargé de l’affaire a requis la peine capitale, estimant que les actions de Yoon constituaient une menace pour la démocratie sud-coréenne. “Ses actes ont sapé les fondements de notre système constitutionnel et méritent la sanction la plus sévère”, a déclaré le procureur lors des plaidoiries finales.
Yoon, un conservateur fervent, a justifié son décret de loi martiale comme une mesure nécessaire pour contrer ce qu’il considérait comme des forces “anti-État” libérales cherchant à bloquer son programme politique grâce à leur majorité parlementaire. Il a affirmé qu’il agissait pour protéger la sécurité nationale.
Cependant, le décret, qui a duré environ six heures, a été rapidement annulé après que des législateurs ont réussi à briser un blocus militaire et à voter à l’unanimité pour son abrogation. Cet épisode a déclenché une vague de protestations et a conduit à la destitution de Yoon par le Parlement en décembre 2024, confirmée par la Cour constitutionnelle en avril 2025.
Le juge Jee Kui-youn du tribunal central de Séoul devait prononcer le verdict et la sentence jeudi. L’audience s’est déroulée sous haute surveillance, avec des centaines de policiers déployés autour du palais de justice. Des partisans de Yoon se sont rassemblés pour le soutenir, tandis que ses détracteurs réclamaient la peine de mort.
L’affaire ne concerne pas seulement Yoon. Sept anciens responsables militaires et policiers, dont l’ancien ministre de la Défense Kim Yong Hyun, sont également jugés pour avoir appliqué le décret de loi martiale.
La Corée du Sud a une longue histoire de transitions politiques tumultueuses. Depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, le pays a connu plusieurs périodes de régime autoritaire et de mouvements pro-démocratiques. La tentative de Yoon de contourner les institutions démocratiques a ravivé les inquiétudes quant à la fragilité de la démocratie sud-coréenne.
En attendant le verdict, le tribunal a déjà condamné deux anciens membres du cabinet de Yoon. Le Premier ministre Han Duck-soo a été condamné à 23 ans de prison pour avoir tenté de légitimer le décret en falsifiant des documents et en mentant sous serment. Yoon lui-même a été condamné le mois dernier à cinq ans de prison pour avoir résisté à son arrestation, fabriqué le décret de loi martiale et contourné une réunion complète du cabinet, comme l’exige la loi.
Bien que la peine de mort soit légalement possible en Corée du Sud, elle n’a pas été appliquée depuis 1997, en raison d’un moratoire de facto lié aux appels à son abolition. Les analystes prédisent généralement une peine de prison à vie pour Yoon, son coup d’État mal préparé n’ayant pas entraîné de pertes humaines.
Cette affaire a des implications importantes pour l’avenir de la politique sud-coréenne. Elle soulève des questions sur les limites du pouvoir présidentiel, la nécessité de protéger les institutions démocratiques et l’importance de l’état de droit. Le verdict de jeudi sera scruté à la fois par les Sud-Coréens et par la communauté internationale.
[Intégration potentielle d’un tweet ou d’une vidéo YouTube sur les manifestations devant le tribunal, si disponible et pertinent.]
