États-Unis frappent 90 cibles iraniennes avant les funérailles de Khamenei
Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a confirmé avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran au cours d’une opération nocturne, marquant une escalade majeure dans le conflit après l’effondrement d’un accord de cessez-le-feu intérimaire. Ces frappes, qui visaient des infrastructures logistiques, des systèmes de défense aérienne, des capacités navales ainsi que des sites de stockage de missiles et de drones, précèdent les funérailles du guide suprême Ali Khamenei, tué au début de la guerre en février dernier.
Une infrastructure stratégique sous le feu

Pour la première fois depuis le cessez-le-feu du 8 avril, les États-Unis ont ciblé des infrastructures de transport iraniennes. Des rapports font état de frappes sur des ponts ferroviaires, notamment le pont Aq Taqeh Khan dans la province du Golestan. Selon l’agence Fars, ce site est un maillon essentiel d’un corridor commercial reliant Téhéran à la Chine et à la Russie, une route devenue cruciale en raison du blocage des ports iraniens du Golfe par les États-Unis.
En conséquence, le service ferroviaire entre Téhéran et Mashhad — ville sainte où se déroulent les obsèques de Khamenei — a été suspendu jeudi matin. Les autorités ferroviaires iraniennes ont indiqué que des équipes de réparation étaient à pied d’œuvre et que des solutions de transport routier étaient mises en place pour les passagers bloqués.
Répliques iraniennes dans le Golfe

En réaction aux bombardements américains, l’Iran a lancé des frappes contre des sites militaires dans les pays du Golfe. Le ministère iranien a affirmé que ces actions visaient à contrer « l’aventurisme » américain. Les incidents signalés incluent :
* Koweït : Des drones ont été dirigés vers les systèmes Patriot américains ; les forces locales ont intercepté plusieurs projectiles, causant une blessure par retombées de débris.
* Qatar : Des tirs ont visé un site d’alerte précoce.
* Bahreïn : Des frappes ont visé des dépôts de carburant de l’armée américaine.
Le ministère iranien de la Santé a rapporté que les deux jours de frappes américaines ont fait au moins 14 morts et 78 blessés à travers cinq provinces iraniennes. Des explosions ont été signalées dans plusieurs villes portuaires du sud, dont Bandar Abbas, Konarak et Chabahar, ainsi qu’à proximité du complexe nucléaire de Bushehr.
L’avenir du détroit d’Ormuz au cœur des tensions
Le regain de violence fait suite à des attaques contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, que les États-Unis ont attribuées à l’Iran. Le président Donald Trump a déclaré que l’accord de paix intérimaire était « terminé », tout en affirmant que les frappes américaines visaient à « dégrader » davantage la capacité de l’Iran à menacer la liberté de navigation dans ce passage maritime vital, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.
Malgré ces hostilités, le président américain a affirmé jeudi matin que le régime iranien l’avait contacté pour exprimer une volonté de conclure un accord. Cette déclaration n’a fait l’objet d’aucune confirmation officielle de la part de Téhéran. De son côté, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a maintenu une position ferme, affirmant que le détroit ne serait rouvert que selon les conditions iraniennes.
La perspective des funérailles à Mashhad
Malgré les disruptions causées par les frappes, des foules immenses se sont rassemblées à Mashhad pour les funérailles d’Ali Khamenei. Le cercueil du défunt dirigeant a été transporté lentement à travers les rues vers le sanctuaire de l’Imam Reza, entouré de partisans arborant des drapeaux iraniens et des slogans révolutionnaires. Un responsable de la sécurité israélienne a toutefois estimé, jeudi matin, que cette confrontation intense restait peu susceptible de déborder sur le territoire israélien.
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