Le président américain Donald Trump a menacé, ce vendredi, d’imposer des droits de douane de 100 % sur toutes les importations provenant de pays appliquant une taxe sur les services numériques visant les entreprises technologiques américaines. Cette déclaration, publiée sur Truth Social, cible plusieurs nations européennes et pourrait annuler les accords commerciaux existants.
Une menace de 100 % pour annuler les accords commerciaux
L’offensive diplomatique de Donald Trump s’est intensifiée ce vendredi via ses réseaux sociaux. Le président américain a ciblé les pays européens qui envisagent une « mise en œuvre imminente » de taxes sur les services numériques. Il a précisé que ces sanctions seraient appliquées immédiatement et qu’elles prendraient le dessus sur tout accord bilatéral en vigueur.
« Veuillez considérer cette déclaration comme la représentation du fait que tout pays qui impose une telle taxe sera immédiatement confronté à un tarif de 100 % sur tous les biens envoyés aux États-Unis d’Amérique. »
Photo: usatoday.com
Donald Trump, via Truth Social
Cette posture radicale menace directement les équilibres établis. Selon les informations rapportées par AP News, cette escalade pourrait déclencher une guerre commerciale généralisée si l’Union européenne se voit contrainte de riposter. La menace de Trump intervient alors que les États-Unis et l’UE doivent respecter une échéance au 4 juillet pour un accord de plafonnement des tarifs douaniers à 15 %. Or, les taxes sur les services numériques n’ont pas été incluses dans les négociations de cet accord.
La riposte de l’Union européenne et le refus de la France
L’Union européenne a immédiatement manifesté son opposition à ce qu’elle considère comme une mesure unilatérale. Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne, a défendu le caractère non discriminatoire de ces taxes, qui s’appliquent à toutes les grandes entreprises quel que soit leur pays d’origine.
« Des mesures unilatérales ciblant des politiques aussi légitimes sont injustifiées. Si elles sont poursuivies, l’UE répondra rapidement et de manière décisive pour défendre ses droits et son autonomie réglementaire. »
Photo: cnbc.comLe président Trump menace d'imposer 100 milliards de dollars de tarifs supplémentaires à la Chine
Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne, via AP News
En France, la tension est particulièrement palpable. Le président Emmanuel Macron a affirmé qu’il ne céderait pas à la pression pour supprimer la taxe numérique française. Cette taxe de 3 %, en vigueur depuis 2019, cible les entreprises réalisant plus de 25 millions d’euros de revenus en France et 750 millions d’euros (soit 854,02 millions de dollars) au niveau mondial. USA Today rapporte que Donald Trump a même menacé d’imposer des tarifs de 100 % sur le vin français pour faire pression sur Paris.
L’impact financier sur les géants américains et le cas britannique
Photo: apnews.com
Les taxes visées par Washington ne sont pas de simples mesures symboliques ; elles représentent des recettes massives pour les États européens. Le Royaume-Uni, par exemple, applique depuis 2020 une taxe de 2 % sur les revenus des moteurs de recherche, des réseaux sociaux et des places de marché en ligne.
Cette taxe britannique repose sur des seuils précis de chiffre d’affaires :
Revenus mondiaux des activités numériques supérieurs à 500 millions de livres sterling.
Revenus totaux au Royaume-Uni supérieurs à 25 millions de livres sterling.
Selon les données de la BBC, ces prélèvements touchent de grands acteurs américains tels qu’Apple, Google, Meta et Amazon. Les recettes de cette taxe ont progressé de manière significative, atteignant plus de 800 millions de livres sterling pour l’exercice 2024-2025, contre 678 millions de livres sterling en 2023-2024.
Précédents diplomatiques et incertitudes juridiques aux États-Unis
La stratégie de coercition de Donald Trump s’appuie sur des précédents récents. CNBC souligne qu’en 2025, Ottawa avait choisi d’abandonner son projet de taxe numérique après que les États-Unis ont menacé de suspendre les discussions commerciales avec le Canada.
Toutefois, la légalité de tels tarifs massifs reste un point de friction majeur au sein du système juridique américain. La Cour suprême des États-Unis a déjà invalidé en février une tentative de l’administration Trump d’imposer des tarifs « réciproques » mondiaux de 10 %, jugeant que l’International Emergency Economic Powers Act ne permettait pas une telle action unilatérale.
Alors que le président semble prêt à utiliser les droits de douane comme principal levier de négociation, l’incertitude plane sur la capacité réelle de l’exécutif à contourner les décisions judiciaires et les accords internationaux déjà signés.