La Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAS) a proposé, en juin 2026, de limiter le remboursement des soins privés pour les maladies chroniques. Sous cette nouvelle règle, les patients ne pourront accéder aux cliniques privées que si les hôpitaux publics déclarent ne plus avoir la capacité de les traiter, bouleversant ainsi le système actuel.
Une priorité imposée au secteur public par calcul mathématique

- Le programme national d’oncologie
- Le programme national de diabète sucré
- Le traitement des maladies neurologiques
- La prise en charge de l’hémophilie et de la thalassémie
- Le traitement des maladies rares
- La santé mentale et les maladies endocriniennes
- Le programme de transplantation d’organes et de tissus
- Le traitement de l’insuffisance rénale chronique
L’alerte de la Fédération des patients cancéreux
Cette tentative de régulation suscite une levée de boucliers parmi les acteurs de terrain. La Fédération des Associations des Patients Cancéreux (FABC) a exprimé une vive inquiétude, dénonçant une décision prise sans étude d’impact préalable. Comme l’indique Ziarul Financiar, l’organisation craint que la CNAS ne privilégie une gestion comptable au détriment de la réalité clinique. Pour les associations, le danger est immédiat. Dans le cas de l’oncologie, un décalage de traitement de seulement quelques mois peut entraîner la progression de la maladie ou la perte d’une option thérapeutique. Pour les patients neurologiques ou cardiovasculaires, cela peut signifier des handicaps irréversibles ou des accidents vasculaires cérébraux.Derrière une formule mathématique, la CNAS propose un changement majeur sur l’accès aux services essentiels. Le patient réel disparaît de l’équation et est remplacé par un patient statistique.

Le recours à la loi de 2006 pour justifier la réforme
Face à la colère des patients, la direction de la CNAS maintient sa position. Horațiu Moldovan, président de l’institution, soutient que cette mesure n’est pas une attaque contre les citoyens, mais une application de la législation existante. Il rappelle que la Loi 95 de 2006 sur la réforme de la santé prévoit que les fournisseurs privés interviennent lorsque les services excèdent les capacités des fournisseurs publics. Selon les explications fournies à HotNews, le président de la CNAS assure que les délais d’attente ne seront pas prolongés. Il insiste sur le fait que la mesure vise à rendre le système plus transparent et efficace.Cette mesure est strictement dans l’intérêt du patient. Elle n’est pas contre les patients.

Une restructuration pour gérer 18 milliards d’euros
Cette bataille sur l’accès aux soins s’inscrit dans un projet de modernisation plus large de la CNAS. L’institution cherche à reprendre un contrôle accru sur la gestion des fonds publics, qui s’élèvent à environ 18 milliards d’euros par an. Comme le rapporte Formare Medicala, la CNAS prévoit de renforcer ses capacités d’audit et d’expertise économique. Trois piliers structurent cette transformation :- La création d’un Département de Pharmaco-Économie pour évaluer le coût des thérapies innovantes.
- La consolidation de la fonction d’audit via une nouvelle Direction Nationale d’Audit Public Interne.
- L’optimisation de la collaboration public-privé via des critères de capacité plus stricts.
La nécessité du Département de pharmaco-économie découle de l’évolution rapide des thérapies innovantes, de l’augmentation des dépenses liées aux médicaments et de la nécessité de fonder les décisions de remboursement sur des preuves scientifiques, des résultats cliniques et des critères économiques solides.

