Le gouvernement sénégalais a franchi une étape clé dans sa stratégie de développement agricole en annonçant l’octroi d’une enveloppe de 500 millions de francs CFA destinée à la reconstitution du capital semencier national. Cette décision, annoncée par le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikhou Oumar Ba, s’inscrit dans le cadre des orientations du président de la République et vise à transformer structurellement le secteur agricole.
Un investissement stratégique pour l’ISRA
Le financement sera alloué à l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), pilier de la recherche agronomique dans le pays. Lors d’une visite au Centre national de recherches agronomiques (CNRA) de Bambey, le ministre a souligné que cet apport financier est indispensable pour doter les équipes scientifiques des moyens nécessaires à l’accomplissement de leurs missions. Le CNRA de Bambey, visité par le ministre en présence des autorités administratives et des dirigeants de l’ISRA, est considéré comme un maillon stratégique dans la reconstruction du capital semencier et l’amélioration de la productivité nationale. Le ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des politiques publiques, déclarant : « Nous ne sommes plus au temps des longues procédures. Il faut accélérer la mise en œuvre des politiques publiques sur le terrain ».

Alignement sur la Vision Sénégal 2050
Cette priorité accordée à la reconstitution du capital semencier est, selon M. Ba, « pleinement alignée sur la Vision Sénégal 2050 », qui sert de référentiel aux politiques publiques. Lors d’un atelier consacré au bilan 2025 et à la planification des programmes pour 2026, le ministre a rappelé que la souveraineté alimentaire repose sur la capacité collective à produire, multiplier et distribuer des semences certifiées de haute qualité, capables de répondre aux défis climatiques et aux exigences de productivité. Les résultats récents témoignent de l’activité du secteur : l’ISRA a produit 49 797 kilos de semences de prébase durant l’hivernage et mobilisé 102 340 kilos lors de la contre-saison chaude. Parallèlement, les multiplicateurs privés ont contribué à hauteur de 572 438 kilos de semences d’arachide. Toutefois, le ministre a tempéré ces chiffres, précisant qu’ils doivent servir d’indicateurs de pilotage pour évaluer le chemin restant à parcourir vers l’autosuffisance.
Appel à une synergie entre acteurs
Le programme national d’autosuffisance semencière, confié à l’ISRA, est prévu pour une durée de dix ans, s’étendant jusqu’en 2034. Pour réussir ce pari, le ministre a appelé à bâtir un système plus intégré, performant et résilient. Cela implique une coordination renforcée entre plusieurs entités :

- La recherche agronomique et les organismes de contrôle.
- Les producteurs semenciers et les organisations interprofessionnelles.
- Le secteur privé et les partenaires financiers.
Le ministre a particulièrement invité le secteur privé à s’impliquer davantage, notamment dans la construction de magasins de stockage, essentiels pour préserver la qualité des semences et des intrants.
Vers une gestion transparente et dialoguée
En marge de sa tournée dans la région de Diourbel, où il a inspecté des infrastructures de stockage à Diourbel et Ndangalma, Cheikhou Oumar Ba a réaffirmé sa volonté de privilégier le dialogue constant avec les producteurs. Cette démarche vise à renforcer la transparence dans la conduite de la campagne agricole et à garantir que les préoccupations du monde rural soient directement intégrées dans la planification étatique. L’objectif final reste de passer d’une logique de programmes isolés à un système semencier national cohérent, capable de soutenir durablement les ambitions agricoles du Sénégal.
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