L’intelligence artificielle : un risque pour votre retraite ?
Par [Votre Nom], Rédacteur Adjoint
L’intelligence artificielle est sur toutes les lèvres. Boom technologique, bulle spéculative, ou effondrement économique ? La réalité sera probablement un mélange des trois. Une chose est sûre : l’essor de l’IA augmente les risques pour les investissements et pourrait bien obliger de nombreux retraités et futurs retraités à revoir leur stratégie financière.
Le problème ne se limite pas à la valorisation boursière de géants comme Amazon, Meta et Nvidia, fortement liée au développement des centres de données. L’IA pourrait s’avérer si puissante qu’elle déstabilise une part importante de l’économie, entraînant chômage, récession et, potentiellement, un krach boursier. Un scénario loin d’être certain, mais dont la simple possibilité doit influencer nos décisions.
Que faire si vous approchez de la retraite ?
Si vous êtes dans un fonds cible, pas d’inquiétude. La part d’actions diminue automatiquement avec l’âge. Si vous êtes jeune, vous pouvez vous permettre d’attendre. Un éventuel krach boursier se traduirait probablement par une reprise avant que vous n’ayez besoin de puiser dans vos économies.
Mais si vous avez plus de 55 ans et que vous gérez vous-même vos allocations ? Il est possible que votre portefeuille soit déséquilibré. La forte performance des actions ces dernières années a creusé l’écart avec les obligations. Un portefeuille traditionnellement équilibré à 60/40 (actions/obligations) pourrait désormais être composé à 84% d’actions et seulement 16% d’obligations. Selon une étude de Vanguard Group, la moitié des épargnants de plus de 55 ans qui gèrent eux-mêmes leurs allocations ont plus de 70% de leur argent investi en actions. Et avec une année 2024 marquée par une hausse de 17% des actions contre 7% pour les obligations, ce déséquilibre risque d’être encore plus prononcé.
Des premiers signes de fragilité
Certains secteurs sont déjà touchés. Adobe et Salesforce, des entreprises qui louent des logiciels aux entreprises, ont vu leurs actions chuter de plus de 40% l’année dernière, menacées par des agents de création de code basés sur l’IA qui pourraient concurrencer les programmeurs humains. Block, une autre entreprise technologique, a annoncé la suppression de 4 000 postes.
Citrini Research va plus loin, envisageant un scénario alarmant dans lequel l’IA détruirait d’abord les emplois de codeurs, puis presque tous les emplois de cols blancs dans les deux prochaines années. Des professions comme l’assurance, la réservation de voyages, la finance, l’immobilier ou le service client pourraient être automatisées, entraînant une augmentation du chômage et une baisse des recettes fiscales.
Des perspectives nuancées
Si ces prévisions peuvent paraître alarmistes, elles ne sont pas totalement infondées. Amazon, Meta, Alphabet, Microsoft et Oracle prévoient d’investir collectivement 700 milliards de dollars dans l’IA cette année. Espérons que cet investissement massif se traduira par une amélioration du niveau de vie, comme ce fut le cas avec la mécanisation agricole.
Une analyse plus mesurée est proposée par Moody’s, qui estime à 40% la probabilité que l’IA entraîne des pertes d’emplois, une augmentation de la productivité et une croissance continue des bénéfices des entreprises. Ils attribuent une probabilité de 25% à un scénario pessimiste où l’IA déçoit, entraînant une baisse des cours des actions et une récession économique.
Revoir votre allocation : une sage décision
Même en attribuant une faible probabilité aux scénarios les plus sombres, il serait judicieux de reconsidérer votre allocation de portefeuille. Historiquement, les actions ont surperformé les obligations, mais cette tendance pourrait ne pas se maintenir. Le S&P 500 se négocie actuellement à un ratio cours/bénéfices de 28, soit le double de la moyenne historique. Cela suggère que les rendements futurs pourraient être inférieurs à 3,5%, ce qui n’est pas suffisant pour justifier le risque d’une forte exposition aux actions.
Si vous approchez de la retraite et que votre portefeuille est fortement pondéré en actions, envisagez de réallouer une partie de vos actifs vers des bons du Trésor indexés sur l’inflation (TIPS). Schwab propose un fonds négocié en bourse (ETF) TIPS avec des frais annuels de 0,03%, tandis que Vanguard et Fidelity proposent des fonds communs de placement avec des frais de 0,05%. Pour une diversification optimale, investissez dans des TIPS arrivant à échéance dans 5, 10, 20 et 30 ans.
