Rachad al-Alimi ordonne une offensive et l’Arabie saoudite s’allie au Pakistan et à la Turquie

Le président du Conseil de commandement présidentiel du Yémen, Rachad al-Alimi, a annoncé une vaste offensive militaire pour reprendre les territoires contrôlés par les rebelles houthis. Cette décision stratégique s’accompagne d’un accord de défense mutuelle entre l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie, formalisé à Riyad pour sécuriser le détroit de Bab el-Mandeb.

Une nouvelle offensive militaire décrétée pour reprendre les zones houthies

Le conflit au Yémen connaît un tournant majeur avec la proclamation d’une campagne armée d’envergure. Le chef du Conseil de commandement présidentiel, Rachad al-Alimi, a ordonné aux forces régulières de reconquérir l’ensemble des positions perdues face aux rebelles, plaçant les institutions de l’État en état d’alerte maximale selon la déclaration télévisée du dirigeant. Cette directive fait suite à la progression rapide des insurgés qui, le mois dernier, s’étaient emparés de secteurs côtiers stratégiques et de la ville de Mokha.

Rachad al-Alimi ordonne une offensive et l'Arabie saoudite s'allie au Pakistan et à la Turquie
Photo : Bhaskar

Sur le terrain, les forces soutenues par Riyad mènent des opérations intensives pour briser l’emprise des milices. L’armée yémenite a notamment repris le contrôle de la zone aéroportuaire de Dhoubab ainsi que d’importants axes routiers reliant Aden à Taëz à la suite de violents affrontements autour de la localité de Tourba. Ces mouvements visent à rétablir l’autorité gouvernementale sur les routes d’approvisionnement vitales et à repousser les insurgés loin des centres urbains.

Le déploiement des forces pakistanaises et turques et l’activation du pacte de La Mecque

Face à la menace grandissante sur sa sécurité et à la multiplication des tirs de drones et de missiles contre ses infrastructures énergétiques, l’Arabie saoudite bénéficie désormais d’un soutien militaire accru de ses alliés. Réunis en urgence à Riyad, les représentants de Riyad, d’Islamabad et d’Ankara ont entériné l’activation collective du traité de défense de La Mecque.

Pakistan, Arabie saoudite, Turquie : un pacte de défense signé à La Mecque • FRANCE 24

Le pacte stipule qu’une agression dirigée contre l’un des trois signataires équivaut à une attaque contre l’ensemble de l’alliance. Les gouvernements pakistanais et turc ont ainsi convenu de dépêcher rapidement des contingents militaires et des capacités stratégiques sur le territoire saoudien. Le lieutenant-général à la retraite Nauman Mahmood a été nommé secrétaire général de cette coalition pour un mandat de trois ans afin de coordonner la mise en œuvre de l’accord.

Les enjeux de la bataille autour du détroit de Bab el-Mandeb et de la mer Rouge

L’intensité des combats s’explique par la valeur géostratégique des voies maritimes menacées. Le détroit de Bab el-Mandeb, par où transite une part significative du commerce mondial et du transport pétrolier, constitue le cœur des opérations en cours. Les frappes menées par la coalition mobilisent un volume considérable de moyens aériens avec une centaine d’appareils engagés pour neutraliser les positions d’artillerie, les rampes de lancement de missiles et les lignes de ravitaillement houthies.

Rachad al-Alimi ordonne une offensive et l'Arabie saoudite s'allie au Pakistan et à la Turquie
Photo : navarashtra.com

Alors que les forces loyalistes progressent vers le nord pour sécuriser le littoral de la mer Rouge, les insurgés continuent de riposter par des tirs en direction du royaume saoudien. La persistance de ces affrontements fait peser un risque direct sur l’approvisionnement énergétique international et aggrave la crise humanitaire qui touche le Yémen depuis le début du conflit en 2014.

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