Le Nigeria Réclame Deux Sièges Permanents pour l’Afrique à l’ONU

Le Nigeria a exigé jeudi l’attribution d’au moins deux sièges permanents à l’Afrique au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, dotés d’un droit de veto, lors du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale à New York.

L’architecture actuelle du Conseil de sécurité ne correspond plus aux réalités géopolitiques contemporaines, selon les déclarations des dirigeants africains réunis à New York. Le vice-président nigérian Kashim Shettima, qui représentait le président Bola Tinubu à la tribune, a souligné que l’Afrique ne pouvait plus tolérer un système de gouvernance internationale figé dans l’histoire de l’après-guerre. Kashim Shettima a déclaré que le monde de 2026 ne pouvait pas rester captif de la répartition du pouvoir de 1945, selon la reprise de son allocution par l’agence d’État nigériane.

Le Nigeria et le consensus africain sur la réforme du Conseil

La position du gouvernement fédéral nigérian s’inscrit directement dans le cadre des revendications continentales formalisées par le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Sirte. Le pays réclame deux sièges permanents pour l’Afrique assortis de toutes les prérogatives des membres actuels, ainsi que cinq sièges non permanents au total. Actuellement, le Conseil de sécurité compte quinze membres, dont cinq permanents disposant du veto — la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis — tandis que l’Afrique demeure le seul continent sans représentation permanente.

Kashim Shettima a affirmé que le Nigeria exigeait, conformément au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Sirte, au moins deux sièges permanents pour l’Afrique, dotés de tous les droits et responsabilités liés à la qualité de membre permanent, y compris le veto aussi longtemps qu’il existera, ainsi que cinq sièges non permanents au total, ajoutant que l’autorité de parler au nom de l’humanité emportait l’obligation de la représenter, selon Gazettengr.

Les voix internationales s’unissent pour juger la situation intenable

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a qualifié d’injuste et d’indéfendable l’absence d’un siège permanent africain au sein de l’organe décisionnel suprême pour la paix et la sécurité, estimant dans son allocution de clôture que le monde a fondamentalement changé depuis la Seconde Guerre mondiale. Le dirigeant onusien, qui s’exprimait lors de sa dernière intervention avant de quitter ses fonctions, a rappelé que l’institution avait été conçue au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à une époque où de nombreux États africains n’avaient pas encore accédé à l’indépendance. D’autres voix diplomatiques ont également marqué cette 81e session : l’ambassadeur de l’Afrique du Sud auprès de l’ONU, Mxolisi Sizo Nkosi, a rappelé l’importance de faire progresser la position officielle du continent issue du Consensus d’Ezulwini, tandis que la délégation du Malawi, conduite par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale George Chaponda, est restée dans l’hémicycle lors de l’intervention du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ce dernier ayant par ailleurs remercié publiquement l’Ouganda pour l’érection d’une statue dédiée à son défunt frère, le lieutenant-colonel Yonatan « Yoni » Netanyahu.

Le Nigeria Réclame Deux Sièges Permanents pour l'Afrique à l'ONU
Photo : gazettengr.com
President William Ruto speaking during the General Debate of the 81st United Nations General Assembly in New York on
Photo : eastleighvoice.co.ke

Cette exigence de réforme structurelle a également été portée par d’autres délégations du continent. Le président kenyan William Ruto a souligné que l’Afrique comptait 54 États membres aux Nations unies et représentait plus du quart de l’Assemblée générale, tout en subissant directement les répercussions des crises mondiales. Intervenant également à la tribune de l’Assemblée, le chef de l’État kenyan a dénoncé les disparités du système financier international et les coûts exorbitants de la dette publique pesant sur les pays en développement, estimant que la confiance internationale doit se gagner par la cohérence et l’abandon des deux poids, deux mesures.

Les contributions du Nigeria aux opérations de paix

Pour légitimer sa requête, le gouvernement nigérian a mis en avant son engagement historique dans la diplomatie préventive et le maintien de la paix. Le vice-président Shettima a rappelé l’implication de son pays au Liberia, en Sierra Leone, au Darfour, au Mali et en Gambie, ainsi que son action constante à travers la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, l’Union africaine et les partenariats du golfe de Guinée pour renforcer la gouvernance démocratique, la sécurité maritime et la lutte contre le terrorisme.

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