Donald Trump a publié sur son réseau Truth Social une carte fictive plaçant sous pavillon américain le Canada, le Mexique, l’Islande, le Groenland ainsi que plusieurs territoires français des Caraïbes. Cette provocation géographique a immédiatement provoqué des réactions diplomatiques, notamment la convocation de l’ambassadeur des États-Unis par l’Islande.
Une cartographie expansionniste publiée sur les réseaux sociaux
La carte, totalement dépourvue de légende ou de commentaire explicatif, affiche simplement la mention United States of America
sur l’ensemble du continent nord-américain.
Le document cartographique rebaptise également le golfe du Mexique en Gulf of America
, dans la lignée des cartes revisitées à son goût et de déclarations offensives par lesquelles le républicain avance ses ambitions territoriales ou ses revendications géographiques. Ce choix s’inscrit dans la continuité des prises de position affichées depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, période durant laquelle le président américain répète notamment vouloir faire du Canada le « 51e État » américain et revendique également le Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark.
L’intégration surprenante des territoires français d’outre-mer
Plusieurs territoires sous souveraineté française se retrouvent ainsi englobés dans l’espace redessiné.
La Martinique, la Guadeloupe, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon apparaissent également intégrés à l’espace représenté aux couleurs américaines. Si le Quai d’Orsay n’a pour l’instant pas réagi, la publication de cette carte a suscité la colère des États concernés et de nombreux observateurs face à ces provocations numériques répétées.
La riposte diplomatique de l’Islande face à l’ambassadeur américain
Si la France observe la situation, d’autres nations ciblées ont immédiatement sévi. L’Islande, également incluse sur le visuel aux côtés de Cuba et du Groenland, a rapidement réagi en convoquant le représentant diplomatique américain à Reykjavík pour signifier son mécontentement.
Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères islandais a indiqué, par l’intermédiaire de l’AFP, que la ministre des Affaires étrangères, Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir, avait convoqué la veille l’ambassadeur américain afin de lui signifier clairement que cette image était totalement inappropriée.

Cette convocation concerne l’ambassadeur Billy Long et intervient dans un climat déjà marqué par les confusions récurrentes de Washington. En janvier 2026, le président américain avait confondu l’Islande avec le Groenland, territoire autonome danois dont la côte est située à moins de 300 kilomètres de là. Ces visées insistantes sur le Groenland ont ébranlé quelques certitudes quant à leur relation, sans la remettre en cause. Indépendante depuis 1944 et dépourvue d’armée, l’Islande s’appuie pour sa sécurité sur l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), ainsi que sur un accord bilatéral de défense conclu avec les États-Unis en 1951, tout en maintenant un ancrage économique européen strict : en rejetant par référendum le 29 août une reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne (UE), les Islandais ont exprimé leur attachement au statu quo, mélange d’intégration économique européenne — le pays participe au marché unique via l’Espace économique européen — et d’atlantisme en matière de défense.
Des pressions économiques menaçant les partenaires nord-américains
Cette offensive cartographique ne se limite pas à des symboles visuels et s’accompagne d’actions directes. La publication de cette carte survient en effet quelques heures avant les menaces du chef d’État américain envers le constructeur aéronautique canadien Bombardier, affirmant qu’il ne pourrait plus vendre ses appareils aux États-Unis sans les fabriquer sur le sol américain.
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