Dix jours après la crue dévastatrice provoquée par l’effondrement d’un glacier au Népal, les secours ont extrait vivant ce samedi 5 septembre un troisième rescapé, un ressortissant chinois, d’un tunnel englouti. Ce sauvetage inespéré s’ajoute à celui de deux ouvriers népalais découverts la veille dans la région de Trishuli.
L’Himalaya est le théâtre d’opérations de sauvetage hors norme. Les secours népalais sont parvenus samedi à extraire un ressortissant chinois d’un tunnel du nord du pays, où il se trouvait prisonnier depuis la catastrophe du 26 août. Cette crue monstre, déclenchée par l’effondrement d’un glacier et de roches dans le cours supérieur du fleuve, a balayé des vallées entières à la frontière du Népal et de la Chine, submergeant des infrastructures et des villages sous un torrent de boue et de glace.
Un troisième rescapé extrait d’un tunnel du barrage de Trishuli
L’opération de ce samedi a permis de sauver un citoyen chinois, identifié par l’armée comme se trouvant à 225 mètres à l’intérieur du tunnel du chantier du barrage de Trishuli-1. L’armée népalaise a diffusé des images du miraculé assis dans l’hélicoptère qui l’évacuait, le corps maculé de boue et une veste militaire sur les épaules, veillé par un médecin qui lui prenait la tension.
L’armée a précisé que son état de santé était en cours d’évaluation et que les opérations de recherche et de secours continuaient. Ce sauvetage intervient au lendemain d’une autre découverte miraculeuse sur le chantier du barrage de Trishuli-3, où deux ouvriers népalais, Sanjay Sah, 30 ans, et Kabir Maharjan, 45 ans, ont été sortis vivants de la boue après dix jours passés sous terre.
Le récit de la catastrophe et l’espoir des poches de survie
Pour comprendre comment ces hommes ont pu tenir dix jours dans l’obscurité, les spécialistes avancent des hypothèses basées sur la physiologie des catastrophes. Contacté par la télévision française, le président du Groupe Secours Catastrophe Français, Thierry Velu, a rappelé la règle des trois, expliquant qu’il ne fallait que trois minutes sans air, trois jours sans eau et trois semaines sans nourriture, ce qui supposait qu’ils se trouvaient dans une poche de survie dotée d’une atmosphère respirable ainsi que d’eau à leur disposition.

L’un des ouvriers rescapés, Sanjay Sah, a témoigné de la violence soudaine de la crue dans une vidéo publiée par un média local : Nous étions au moins 40 ou 45
au moment des faits. Il a raconté qu’il ne pouvait pas s’enfuir seul, qu’il leur avait dit à tous de courir et qu’il n’avait pas eu le temps de sortir.
Les sauveteurs avaient eu un premier signe d’espoir la veille. Un spécialiste australien des secours en profondeur, Arnold Dix, avait rapporté aux agences de presse qu’une faible réponse de l’intérieur du tunnel avait été perçue, les personnes ensevelies ayant répondu hunchha
, ce qui signifie « oui » ou « OK » en langue locale.
Un bilan humain lourd et des recherches qui se poursuivent
Alors que les bilans officiels font état de plus de 1 375 morts et de milliers de disparus au Népal et en Chine, ces sauvetages procurent un répit bienvenu au milieu du deuil national. Les services du Premier ministre népalais ont également annoncé le même jour le sauvetage d’une femme de 64 ans, Chandrika Shrestha, retrouvée inconsciente
dans une maison de la localité sinistrée de Betrawati et immédiatement évacuée vers un hôpital de Katmandou.

Sur le terrain, la situation reste critique. Les autorités estiment qu’environ 900 ouvriers se trouvaient piégés dans les réseaux de tunnels de six projets hydroélectriques au moment de la catastrophe. Des dizaines de secouristes venus d’Inde, de Chine et de Corée continuent de fouiller les débris et la boue. Parallèlement, des milliers de sinistrés isolés dans les vallées himalayennes dépendent entièrement des ponts aériens par hélicoptère et des drones pour recevoir de l’eau et de la nourriture, tandis que les familles des disparus affluent vers les centres d’urgence en fournissant des échantillons d’ADN pour identifier les corps exhumés.
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