La justice chilienne a prononcé le 1er septembre 2026 un veredicto condenatorio contre 18 des 19 accusés dans l’affaire de l’attaque du moulin Grollmus à Contulmo. Un enregistrement inédit par drone, gardé secret pendant quatre ans, a constitué la preuve décisive validant les témoignages et confirmant la préméditation du groupe armé.
L’enquête sur l’attentat perpétré le 29 août 2022 contre la famille Grollmus à Contulmo, dans la province de Arauco (région du Biobío), a connu un dénouement judiciaire majeur.
Les images inédites de drone qui ont fait basculer le procès
L’élément pivot de ce procès a résidé dans l’utilisation d’une preuve visuelle restée strictement confidentielle durant quatre années de procédure. L’existence de ce document tourné par un témoin protégeant son anonymat et pilotant l’appareil à l’insu des assaillants a été révélée par le parquet à l’issue des délibérations. L’enregistrement a capté en temps réel l’arrivée du commando armé, la mise en place de barricades bloquant les routes au moyen de véhicules et l’incendie dévastateur du bâtiment centenaire.

Le procureur régional du Biobío, Roberto Garrido, a souligné la portée probante de cette séquence visuelle lors de sa diffusion publique. Le procureur a déclaré qu’un enregistrement par drone avait démontré que ce que disaient les témoins était entièrement vrai et témoignait de la fiabilité de leurs témoignages, dans la mesure où ils décrivaient de la même manière les déplacements, la dynamique, la façon dont les propriétés brûlaient et la violence avec laquelle ils avaient agi, selon les détails fournis par la presse locale.
La stratégie de la fiscalité et le témoignage sous haute protection
La défense avait initialement cherché à invalider le recours à des témoins sous protection d’identité — identifiés par les initiales MG 01 à MG 09 — et mis en doute la présence physique des accusés sur les lieux, soulignant qu’aucun des résidents attaqués n’avait pu distinguer les visages des agresseurs dissimulés sous des capuches, ainsi que l’indique le compte-rendu exhaustif publié par la presse d’investigation.

Face à ces contestations, le ministère public a croisé les déclarations de ces quatre témoins protégés avec les images aériennes, des expertises balistiques recensant plus de 400 douilles correspondant à neuf ou onze armes à feu distinctes, et le trafic de données des antennes de téléphonie mobile. L’analyse géolocalisée a permis de situer certains mis en cause dans les zones de préparation, tandis que le parquet a mis en lumière ce qu’il a qualifié de el silencio comunicacional
, c’est-à-dire l’extinction simultanée des téléphones portables des accusés au moment de l’assaut pour éviter tout repérage par GPS.
Un crime qualifié de haine et les réactions institutionnelles
Le parquet a formellement qualifié les faits de crime de haine en rappelant que des personnes avaient été attaquées en raison de leur origine, fondé sur les revendications publiées dès le lendemain par le groupe Résistance Mapuche Lafkenche (RML), qui affichait explicitement l’objectif de chasser les descendants d’étrangers de la zone. Si le tribunal a prononcé des condamnations pour l’incendie, le porte d’armes et les tentatives d’homicide, il a en revanche rejeté le chef d’accusation d’association de malfaiteurs et prononcé l’acquittement de Camilo Astete.
Le ministre de la Sécurité, Martín Arrau, a commenté ces condamnations en insistant sur la nécessité d’une vigilance continue face à des organisations criminelles qualifiées de dynamiques.
De son côté, le procureur Garrido a insisté sur la dimension humaine de cette décision pour les victimes, déclarant que ces dernières avaient subi un dommage qui était manifestement irréparable tout en affirmant que l’État de droit fonctionnait, qu’il avait fonctionné pour eux, et que, d’une certaine manière, on accédait à la justice, d’après les informations diffusées par la station radiophonique.
Prochaines étapes de la procédure pénale
Les adultes reconnus coupables encourent des peines pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité, tandis que les mineurs jugés dans ce dossier risquent jusqu’à dix ans d’internement dans le cadre des sanctions prévues par la législation chilienne. Les autorités judiciaires et sécuritaires ont indiqué que les efforts se poursuivraient pour appréhender les individus encore en fuite en lien avec ces événements.

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