Kevin Van der Jeught, chercheur au Sylvester Comprehensive Cancer Center de l’Université de Miami, a reçu une bourse de la Stanley J. Glaser Foundation pour financer ses recherches en immunothérapie par ARNm ciblant le cancer colorectal métastatique, ouvrant la voie à de futurs essais cliniques.
Le chercheur Kevin Van der Jeught s’est vu décerner un soutien financier de 72 000 dollars de la Stanley J. Glaser Foundation pour approfondir ses travaux sur l’immunothérapie à base d’ARN messager, une approche conçue pour transformer la prise en charge des tumeurs colorecttes résistantes.
Un financement ciblé pour réarmer le système immunitaire face aux métastases
Portée par la division de biologie tumorale du Sylvester Comprehensive Cancer Center, rattaché à la Miller School of Medicine de l’Université de Miami, cette recherche s’attaque à l’une des formes de cancer les plus redoutées. Le Dr Van der Jeught, également professeur assistant en microbiologie et immunologie, rappelle l’urgence sanitaire qui motive ces efforts de laboratoire.
Le cancer colorectal est désormais la principale cause de décès par cancer chez les personnes de moins de 50 ans. Il existe des besoins criants en de nouvelles thérapies, et c’est là que notre recherche entre en jeu. Kevin Van der Jeught, chercheur au Sylvester Comprehensive Cancer Center et professeur assistant
Alors que les immunothérapies actuelles ne bénéficient qu’à une frange restreinte des malades — une minorité des patients atteints d’un cancer colorectal — l’objectif de ces travaux est d’élargir considérablement le nombre de personnes éligibles à ces traitements de pointe. La stratégie repose sur l’utilisation de l’ARN messager pour reprogrammer le micro-environnement tumoral, incitant l’organisme à identifier et à détruire les cellules malignes disséminées dans tout le corps.
Des stratégies combinées pour surmonter l’évasion immunitaire
Les analyses sur l’oncologie gynécologique et la prise en charge des cancers du col de l’utérus, de l’endomètre ou de l’ovaire soulignent de surcroît que les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire sous forme de monothérapie affichent des taux de réponse encore trop limités en dehors de sous-types moléculaires précis comme le profil MSI-H/dMMR.

Pour contrer cette résistance, la recherche explore des combinaisons thérapeutiques audacieuses. Les stratégies associant la chimiothérapie, la radiothérapie agissant comme un vaccin in situ, les inhibiteurs de PARP et les agents anti-angiogéniques visent à transformer le micro-environnement tumoral pour le rendre perméable aux attaques immunitaires. Dans le projet conduit à Miami, l’administration d’une telle stratégie par ARNm se positionne précisément dans l’intervalle critique séparant le diagnostic de l’intervention chirurgicale, afin de stimuler une réponse globale.
Nous étudions des composés avec l’idée que, si nous ciblons la tumeur à un endroit, le système immunitaire sera capable de traquer le cancer partout où il se trouve dans le corps. Kevin Van der Jeught, chercheur au Sylvester Comprehensive Cancer Center
Perspectives cliniques et ambitions pour les prochaines années
Le défi majeur du cancer colorectal réside moins dans la tumeur primitive que dans sa capacité à générer des métastases ou à laisser des micro-résidus après une opération chirurgicale. En entraînant le système immunitaire à reconnaître ces traces invisibles, l’équipe du Sylvester Comprehensive Cancer Center espère franchir une étape décisive vers la translation clinique.

Le calendrier visé par le laboratoire prévoit de mener ces recherches précliniques vers une première phase d’essai clinique chez l’humain d’ici quelques années.
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