Le cercle rapproché du président colombien Abelardo De La Espriella enregistre sa première transition forcée. Moins de trois semaines après l’investiture officielle du chef de l’État intervenue le 7 août 2026 à Cali, la hiérarchie policière a ordonné le retrait du colonel Jorge Alberto Delgado Montoya du dispositif de protection présidentiel, comme l’a révélé la Unidad Investigativa de El Tiempo.
Les restrictions administratives et le rôle auprès de la présidence
L’officier du cours 75 occupait des fonctions de liaison avec le nouveau gouvernement et le chef de la sécurité Carlos Caicedo.
Pourtant, sa nomination au sein de la garde présidentielle interrogeait en interne. Avant son affectation auprès du nouveau pouvoir, le haut gradé exerçait comme secrétaire général du directeur sortant de la Police nationale, le général William Rincón. Des sources gouvernementales ont confirmé qu’il faisait l’objet de restrictions interdisant le port d’armes et l’exercice de fonctions opérationnelles, des limitations qui ont finalement motivé son éviction par la direction de la gestion des talents humains de l’institution policière.
L’implication dans le dossier des polígonos et l’opération Ares
Le départ du colonel Delgado intervient alors que son nom apparaît dans des dossiers judiciaires sensibles instruits par la justice colombienne.

Cette enquête trouve son origine dans une intervention menée le 19 janvier 2025 à Guasca, dans le département de Cundinamarca. Ce jour-là, les forces de l’ordre avaient interpellé en flagrant délit le chirurgien Gerardo Andrés Serrano Pineda ainsi que l’intendant chef Fabián Cuestas en possession d’armes et de munitions. Cette saisie a conduit le parquet à déclencher l’opération Ares le 26 mai 2025, aboutissant à l’arrestation de cinq individus, dont l’intendant Cuestas.
La version du colonel et l’absence de inculpation formelle
Le dossier judiciaire mentionne également un appel téléphonique passé par l’intendant Cuestas le jour de son interpellation à Guasca, au cours duquel le colonel Delgado aurait tenté d’intercéder sans succès auprès des policiers présents sur place. Des rapports internes affirment par ailleurs que l’officier se trouvait sur les lieux avant de s’éloigner du point de contrôle.

Interrogé par Publimetro Colombia, le colonel Delgado a rejeté ces allégations, affirmant qu’il avait simplement répondu à l’appel d’une connaissance et demandé aux agents d’appliquer la procédure régulière sans intervenir en faveur de quiconque. Il a également nié se trouver avec les suspects au moment du contrôle et a dénoncé une tentative de porter atteinte à sa réputation, tout en assurant ne pas avoir reçu de notification officielle de son retrait au moment des premières informations.
Jusqu’à présent, aucun organisme officiel du parquet n’a prononcé d’inculpation ou de mise en cause judiciaire formelle à l’encontre du colonel Jorge Delgado dans le cadre de l’opération Ares, laissant ouvertes les vérifications sur la portée exacte de sa mention dans cette procédure tentaculaire.
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