Des astronomes ont observé un trou noir supermassif situé dans une position inhabituelle, en train de déchirer et de consommer une étoile proche. Cet événement, qualifié d’orphelin, s’est produit à plus de 30 000 années-lumière du centre de sa galaxie hôte, ce qui représente le décalage le plus éloigné jamais enregistré pour un événement de ce type découvert par voie optique. Les observations ont été décrites dans sciencedaily.com lors d’une publication menée par Robert Stein.
Découverte d’un trou noir errant à l’extérieur d’une galaxie
Le phénomène en question, connu sous le nom de rupture par effet de marée (tidal disruption event
), se produit lorsqu’une étoile s’approche trop près de la gravité intense d’un trou noir. La force gravitationnelle dépasse alors celle de l’étoile et la met en pièces. Les fragments de l’étoile détruite se mettent à tourbillonner et à s’échauffer, produisant une lueur d’une intensité remarquable qui peut être détectée à de grandes distances cosmiques.

La détection par intelligence artificielle et les instruments spatiaux
L’alerte initiale a été donnée en novembre 2005 par le Notebookcheck (ZTF), un relevé du ciel grand champ basé à l’observatoire Palomar dans le sud de la Californie. Cet outil scrute le ciel et détecte environ un demi-million de flashs lumineux chaque nuit. Face à cette quantité massive de données, l’utilisation de l’intelligence artificielle s’est avérée indispensable pour identifier des anomalies.

Selon Robert Stein, chercheur postdoctoral à l’Université du Maryland à College Park et au Goddard Space Flight Center de la NASA à Greenbelt, dans le Maryland, l’algorithme a automatiquement repéré une éruption qui ressemblait à s’y méprendre à un événement de rupture par effet de marée, malgré sa localisation insolite en périphérie d’une galaxie. L’événement a ensuite été examiné par d’autres observatoires, dont le télescope SOAR au Chili et l’observatoire Neil Gehrels Swift de la NASA, dont le télescope ultraviolet/optique a mesuré la température de l’éruption à environ 54 000 degrés Fahrenheit (30 000 degrés Celsius).
Caractéristiques du monstre cosmique et de son éruption
L’événement s’est produit dans la galaxie WISEA J014656.04-152214.7, située à environ 750 millions d’années-lumière de la Terre dans la constellation de la Baleine. Les analyses ont permis d’estimer la masse de ce trou noir errant à environ un million de fois celle du Soleil. Pendant plusieurs mois, l’éruption est devenue plus lumineuse en lumière ultraviolette que l’ensemble de la galaxie environnante, brillant temporairement avec l’éclat d’environ 10 milliards de soleils.
De tels événements se produisent en moyenne une fois tous les 100 000 ans dans une galaxie typique, mais ils avaient jusqu’à présent tous été observés au cœur des galaxies, là où résident habituellement les trous noirs supermassifs. Cette découverte confirme qu’un trou noir peut errer loin du centre galactique, probablement expulsé à la suite d’une ancienne fusion galactique ou au cours de l’interaction entre trois galaxies ou plus.
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