BIRODI Accuse l’ODIHR d’Avoir Ignoré les Violations de Vučić en Serbie

Le Biro za društvena istraživanja (BIRODI) a reproché à l’ODIHR d’avoir passé sous silence les violations de ses propres recommandations par le président serbe lors des processus électoraux récents, déclenchant de vives passes d’armes sur la scène politique nationale au sujet de la séparation du parti et de l’État.

La question de la séparation entre les structures étatiques et les partis politiques en Serbie vient de s’inviter au cœur d’une vive polémique institutionnelle et politique. Le Biro za društvena istraživanja (BIRODI) a publiquement reproché au Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (ODIHR) d’avoir éludé les manquements répétés du chef de l’État aux exigences formulées par les observateurs internationaux lors de ses récents rapports d’évaluation. L’organisme reproche à la mission internationale de ne pas avoir consigné les agissements du président de la République dans le cadre des scrutins locaux organisés en 2025 et en 2026, ni son action concernant des élections non convoquées où il serait en lice pour le poste de président du gouvernement.

Le rôle central du président et la contestation de la première recommandation

Selon l’analyse de l’organisation non gouvernementale, le nouveau rapport de la Mission d’évaluation des besoins pour les élections anticipées attendues en 2026 relève bien que le président Aleksandar Vučić continue d’avoir un rôle central dans la vie politique du pays. Pour autant, l’organisation regrette que le texte ne pointe pas explicitement son attitude au regard de la première recommandation prioritaire émise par l’ODIHR en 2024, qui exigeait un clair partage entre l’État et le parti politique.

Les critiques formulées insistent sur le fait que le président de la République a été un participant actif aux campagnes électorales précédentes pour les scrutins locaux en 2025 et 2026, en donnant son nom aux listes électorales du parti SNS et en prenant la parole lors de rassemblements électoraux où il était souvent présenté en tant que président de la République. Les observateurs locaux estiment que cette pratique contrevient non seulement à la Constitution (article 111) et à la Loi sur la prévention de la corruption (article 40), mais constitue également une violation de la première recommandation prioritaire de l’ODIHR datant de 2024.

Le BIRODI a également souligné qu’il n’avait pas été invité aux réunions tenues avec la mission de l’ODIHR pour présenter les conclusions de ses activités de monitoring, et ce malgré les allégations formulées sur un ton d’étiquetage par les médias pro-gouvernementaux affirmant que le BIRODI recevrait des fonds pour transmettre ses rapports à l’ODIHR.

Les réactions de la majorité parlementaire et la défense des institutions

Ces prises de position ont immédiatement provoqué une riposte ferme sur la scène publique. La présidente de l’Assemblée nationale, Ana Brnabić, a réagi aux déclarations du BIRODI en affirmant que cette organisation internationale est désormais attaquée parce que ses positions ne conviennent pas aux opposants politiques du pouvoir. S’exprimant à propos d’un article publié par le média Danas, elle s’est interrogée pour savoir si les représentants de l’ODIHR étaient désormais devenus des élèves et s’ils travaillaient, selon cette logique, dans l’intérêt du président serbe Aleksandar Vučić.

Ana Brnabić, présidente de l’Assemblée nationale, s’est demandée ce qu’il en était si l’ODIHR n’était plus qu’un groupe de novices, si l’ODIHR travaillait désormais pour @avucic, avant d’ajouter qu’il valait mieux laisser cela de côté pour se demander si les bloqueurs allaient ou non reconnaître les résultats des élections, quels qu’ils soient, et s’ils ne comptaient les reconnaître qu’en cas de victoire tout en les refusant en cas de défaite, ce qui selon elle serait vraisemblablement le cas.

Dans un message publié sur le réseau social X, la responsable politique a rejeté les griefs soulevés par l’organisation de recherche et a mis au défi ses contradicteurs de clarifier leur position concernant l’acceptation future des verdicts des urnes quel qu’en soit l’issue.

L’évolution des priorités de contrôle électoral en vue des échéances de 2026

Au-delà de la polémique autour des agissements présidentiels, l’organisation de surveillance s’inquiète du fait que, selon le rapport de l’ODIHR, la première recommandation prioritaire ne figure plus parmi les priorités destinées à améliorer les conditions électorales en Serbie. L’organisation souligne que les priorités résident désormais dans la mise en œuvre du cadre juridique récemment modifié, le travail de l’administration électorale, la liste électorale et sa révision, l’enregistrement des candidats, la conduite de la campagne incluant la campagne en ligne, le financement de la campagne, la couverture médiatique ainsi que la régulation et les procédures le jour du scrutin.

BIRODI Accuse l'ODIHR d'Avoir Ignoré les Violations de Vučić en Serbie
Photo: pink.rs

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