Home SantéSyndrome de l’œil sec : 34 % des Brésiliens touchés à l’approche de l’hiver

Syndrome de l’œil sec : 34 % des Brésiliens touchés à l’approche de l’hiver

by Camille Laurent - Santé
Facteurs de risque et causes multifactorielles

À l’approche de la saison hivernale, les spécialistes attirent l’attention sur la prévalence croissante de la sécheresse oculaire au Brésil. Selon les données de l’Associação dos Portadores de Olho Seco (APOS), environ 34 % des adultes dans le pays présentent des symptômes ou un certain degré de cette pathologie. Cette condition, qui survient lorsque la production de larmes est insuffisante ou que la qualité du film lacrymal est altérée, est particulièrement exacerbée par les conditions climatiques de l’hiver, caractérisées par une baisse de l’humidité de l’air et des vents froids.

Facteurs de risque et causes multifactorielles

La sécheresse oculaire est une pathologie complexe dont les causes sont multiples. Si le climat joue un rôle déterminant, les habitudes de vie modernes constituent un facteur aggravant majeur. Le Brésil figure parmi les pays où la population passe le plus de temps devant des écrans numériques, un comportement associé à une diminution de la fréquence des clignements des yeux. Lorsque l’œil est forcé par une utilisation prolongée des écrans, le film lacrymal s’évapore plus rapidement que la normale.

Les experts identifient plusieurs groupes à risque :

Facteurs de risque et causes multifactorielles
Photo: Folha de Brumadinho
  • Les personnes âgées, en raison d’une réduction naturelle de la production lacrymale.
  • Les femmes, particulièrement durant la ménopause et la périménopause, en raison des changements hormonaux.
  • Les individus souffrant de maladies chroniques telles que le diabète, l’arthrite rhumatoïde ou des pathologies de la thyroïde.
  • Les utilisateurs de lentilles de contact et les personnes sous traitement médicamenteux (antidépresseurs, antihistaminiques ou certains médicaments pour l’hypertension).
  • Les résidents des zones urbaines, où la prévalence est 40 % plus élevée que dans les régions rurales.

Par ailleurs, un manque de sommeil — défini comme moins de six heures par nuit — est associé à un risque accru de 50 % de développer la condition.

Symptômes et risques pour la santé oculaire

La sécheresse oculaire ne doit pas être considérée comme une simple gêne passagère, car elle peut évoluer vers des complications graves. Les symptômes fréquents incluent une sensation de corps étranger (ou de sable) dans les yeux, des rougeurs, des démangeaisons, une vision floue, une sensibilité à la lumière et une fatigue visuelle.

Dans les cas persistants, la pathologie peut entraîner une inflammation de la surface oculaire, des ulcérations de la cornée et, dans les situations critiques, compromettre la vision. Il est fortement déconseillé de se frotter les yeux, car ce geste peut provoquer des lésions cornéennes, favoriser l’introduction de micro-organismes et contribuer au développement ou à l’aggravation du kératocône, une maladie modifiant la courbure de la cornée.

YEUX SECS – Les symptômes et causes surprenants du syndrome de l'œil sec

Diagnostic et approches thérapeutiques

Le diagnostic doit impérativement être posé par un ophtalmologiste afin de distinguer un simple inconfort lié à l’environnement d’une véritable pathologie nécessitant un traitement. Les spécialistes utilisent des examens spécifiques tels que le test de Schirmer (mesure de la production lacrymale), l’évaluation de l’osmolarité (concentration des larmes) et des tests de stabilité du film lacrymal.

Le traitement varie selon la sévérité du cas :

Diagnostic et approches thérapeutiques
Photo: Valor Econômico
  • Cas légers : Utilisation de collyres lubrifiants (larmes artificielles).
  • Cas inflammatoires : Médicaments spécifiques pour contrôler l’inflammation et stimuler la production de larmes.
  • Cas sélectionnés : Procédure de fermeture des points lacrymaux pour réduire l’écoulement des larmes et prolonger leur présence sur l’œil.

Mesures préventives au quotidien

Pour atténuer les symptômes durant l’hiver, les professionnels recommandent plusieurs habitudes : maintenir les environnements humidifiés, pratiquer le clignement conscient des paupières, adopter une alimentation riche en oméga-3 (poissons, avocat, noix) et respecter la règle du « 20-20-20 » lors de l’utilisation d’écrans : toutes les 20 minutes, marquer une pause de 20 secondes en fixant un point situé à environ 6 mètres.

Enfin, les experts soulignent l’importance du diagnostic précoce. La conscientisation, particulièrement mise en avant durant le « Juillet Turquoise » (mois dédié à la sensibilisation sur la maladie de l’œil sec), demeure l’outil principal pour éviter que des activités simples du quotidien, comme le travail ou la lecture, ne deviennent pénibles pour les patients.

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