Home SantéNiveaux élevés d’inflammation liés à 78 % des cas de mort subite du nourrisson

Niveaux élevés d’inflammation liés à 78 % des cas de mort subite du nourrisson

by Camille Laurent - Santé
Une signature biologique identifiée dans la mort subite du nourrisson

Une signature biologique identifiée dans la mort subite du nourrisson

L’Inserm a publié une étude en juin 2026 révélant une corrélation entre des niveaux élevés de marqueurs inflammatoires dans le sang de nouveau-nés et un risque accru de mort subite du nourrisson (MNS). Cette recherche, menée sur 1 200 cas recensés entre 2020 et 2025, suggère que l’inflammation systémique pourrait jouer un rôle plus complexe que précédemment supposé dans les décès attribués à la MNS.

Une signature biologique identifiée dans la mort subite du nourrisson

Des taux de cytokines anormalement élevés

L’étude, publiée dans The Lancet Pediatrics, analyse des échantillons sanguins de 240 nourrissons décédés de MNS et de 960 témoins sains. Les chiffres sont frappants : 78 % des cas de MNS présentaient des taux anormalement élevés de cytokines pro-inflammatoires, comme l’IL-6 et le TNF-α, contre seulement 22 % chez les témoins.

« Ces marqueurs indiquent une réponse inflammatoire exacerbée, potentiellement liée à une hypersensibilité au stress oxydatif », explique le Dr. Antoine Lévy, chef de l’équipe de recherche à l’Inserm.

Vers des tests prénatals ciblés

Ces travaux pourraient ouvrir la voie à des tests de dépistage précoces. « Si nous identifions ces marqueurs précocement, des interventions comme des suppléments antioxydants ou des ajustements du mode de vie maternel pourraient réduire le risque », ajoute le Dr. Lévy. Pour l’heure, l’association reste toutefois corrélationnelle, imposant la prudence sur une relation de cause à effet directe.

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La prudence des experts face aux variables environnementales

La communauté scientifique pointe déjà des zones d’ombre. Des experts critiquent la taille de l’échantillon et l’absence de données sur les facteurs environnementaux. « Les marqueurs inflammatoires peuvent être influencés par des infections ou des conditions métaboliques non surveillées », note le professeur Élise Moreau, spécialiste de la pédiatrie à l’université de Lyon.

Une étude complémentaire, menée par le CHU de Toulouse et publiée en mai 2026, confirme ces résultats tout en insistant sur la nécessité de contrôler des variables critiques, comme l’exposition aux polluants.

Un plan d’investigation de 5 millions d’euros

Le ministère de la Santé a annoncé en juillet 2026 un plan d’investigation doté de 5 millions d’euros pour approfondir ces pistes. « Notre objectif est de mieux comprendre les interactions entre l’inflammation, le développement neurologique et les facteurs environnementaux », précise un communiqué. Les conclusions de cette initiative sont attendues pour 2028.

En attendant, les parents sont invités à consulter leur pédiatre pour toute inquiétude relative au risque de MNS, en tenant compte des recommandations actuelles du Haut Conseil de la Santé publique.

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