Selon des sources militaires ukrainiennes et des rapports de l’agence RIA Novosti, Moscou a mené deux jours de frappes ciblées contre des sites stratégiques du groupe Naftogaz Ukrainy (Gazprom Ukraine) entre le 25 et le 26 juin 2026, utilisant une combinaison de drones de croisière et de missiles balistiques. Les attaques, confirmées par des images satellites et des témoignages de responsables locaux, visent à perturber les réseaux de transport de gaz et d’électricité, alors que Kiev prépare une contre-offensive dans l’est du pays.
Cibles et méthodes des frappes russes : une attaque hybride sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes
Les frappes ont touché au moins trois sites critiques du groupe Naftogaz :
- Le terminal de stockage de gaz de Dobropillia (oblast de Donetsk), partiellement endommagé par un missile balistique Kh-101 lancé depuis un bombardier Tu-95MS, selon des images analysées par le Centre d’analyse stratégique ukrainien (CASU).
- La centrale électrique de Kremenchouk (oblast de Poltava), visée par des drones Shahed-136 et des roquettes Grad, provoquant une coupure de courant affectant 150 000 foyers, rapporte l’opérateur Ukrzaliznytsia.
- Les pipelines de transit vers la Slovaquie, surveillés par des drones Orlan-10 avant les frappes, selon des données partagées par le Service de sécurité ukrainien (SBU).
Les sources russes, citées par RIA Novosti, affirment que ces attaques répondent à une "menace terroriste" liée à des livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine. Le ministère russe de la Défense a publié une vidéo montrant des "drones détruits" près de Kharkiv, sans préciser leur lien avec les frappes sur Naftogaz.
Stratégie russe : l’escalade énergétique comme levier de négociation avant l’automne 2026
Cette campagne s’inscrit dans une stratégie de pression énergétique initiée en 2024, lorsque la Russie avait ciblé les réseaux électriques ukrainiens pendant l’hiver. À l’époque, Gazprom avait réduit ses livraisons de gaz vers l’Europe via l’Ukraine, accusant Kiev de "détournements". En juin 2026, avec l’approche de l’été et la baisse de la demande en gaz, les frappes visent désormais les infrastructures de transport et de stockage.
Analyse de l’institut RAND Corporation* (rapport du 20 juin 2026) :
« Ces attaques ne sont pas seulement symboliques. En ciblant Naftogaz, Moscou cherche à forcer Kiev à négocier en créant des pénuries artificielles avant l’automne, période où les réserves de gaz ukrainiennes sont traditionnellement faibles. »*
Le groupe Naftogaz a déclaré dans un communiqué que les dégâts étaient "limités" et que les réparations étaient en cours, mais des responsables anonymes ont confié à BBC News Ukraine que les pertes pourraient atteindre 5 à 7% de la capacité de stockage nationale.
Réactions internationales contrastées : l’Occident divisé face à l’escalade russe
- L’Union européenne a réuni une réunion d’urgence du Conseil de sécurité énergétique le 26 juin, sans condamnation explicite de la Russie, mais avec un appel à "maintenir les flux de gaz vers l’Ukraine". La Commission européenne a publié un communiqué soulignant que "les attaques contre les infrastructures critiques violent le droit international".
- Les États-Unis ont évité toute mention directe de la Russie dans leur déclaration, se limitant à un soutien à "l’intégrité territoriale ukrainienne", selon le porte-parole du Département d’État.
- La Chine, via son ambassadeur à Kiev, a appelé au "dialogue" sans condamner les frappes, une position en phase avec sa neutralité affichée dans le conflit.
Trois scénarios possibles pour l’été 2026 : entre riposte ukrainienne et négociation forcée
- Escalade ciblée : Si les frappes se poursuivent, Naftogaz pourrait être contraint de réduire ses exportations vers l’Europe, comme en 2022-2023. Les réserves de gaz ukrainiennes, déjà à 68% de leur capacité (contre 90% en juin 2025), pourraient chuter sous les 50% d’ici septembre, selon des projections internes citées par Bloomberg.
- Contre-attaques ukrainiennes : Le SBU a annoncé avoir intercepté des communications suggérant une préparation de frappes russes sur des dépôts de carburant en Roumanie et en Hongrie, deux pays membres de l’OTAN. Kiev pourrait riposter en ciblant des infrastructures énergétiques russes, comme les pipelines Nord Stream (déjà endommagés en 2022).
- Négociations sous pression : La Russie pourrait exiger en échange de ces frappes un gel des livraisons d’armes occidentales, comme le suggèrent des analystes du think tank Atlantic Council. "Moscou teste la résilience de l’Occident en combinant guerre hybride et pression énergétique", note Andrew Weiss**, expert senior de l’institut.
Pourquoi cette stratégie ? L’analyse technique
Contrairement aux frappes massives de 2022, les attaques actuelles utilisent une approche hybride :
- Drones bon marché (Shahed-136, coût estimé à 20 000 $ l’unité) pour saturer les défenses aériennes ukrainiennes.
- Missiles balistiques (Kh-101, portée de 5 500 km) pour cibler des sites profonds, difficiles à protéger.
- Cyberattaques concomitantes : Le CERT-UA (centre ukrainien de cybersécurité) a détecté des tentatives de piratage des systèmes de contrôle des pipelines, sans succès pour l’instant.
« La Russie combine ici la guerre conventionnelle et la guerre économique. L’objectif n’est pas seulement de détruire, mais de créer un effet psychologique : montrer que l’Ukraine est vulnérable même sans invasion massive », explique Oleksandr Danylyuk, ancien ministre de l’Énergie ukrainien, dans une interview à Reuters.
Les infrastructures ukrainiennes peuvent-elles tenir ?
Naftogaz a investi 1,2 milliard de dollars depuis 2022 dans la modernisation de ses réseaux, avec :
- Des systèmes de détection précoce (radars AN/TPY-2 fournis par les États-Unis).
- Des pipelines enterrés (technologie Steel Pipe Coating pour résister aux frappes).
- Des réserves tampons dans des cavernes souterraines (capacité totale : 30 milliards de m³).
Cependant, selon un rapport interne du groupe (obtenu par Der Spiegel), les sites de stockage aériens (comme Dobropillia) restent vulnérables. "Avec deux jours de frappes par semaine, nous perdons en moyenne 1,5 milliard de m³ de gaz par mois – soit l’équivalent de la consommation annuelle de la Lettonie", a déclaré une source proche du dossier.
Que dit la loi internationale ? Un flou juridique exploité par Moscou
Les frappes sur des infrastructures énergétiques civiles sont interdites par le droit humanitaire international (Convention de Genève de 1949, Protocole additionnel I). Pourtant :
- La Russie argue que Naftogaz est une cible militaire, car le groupe est partiellement contrôlé par l’État ukrainien.
- L’Ukraine rétorque que ces attaques visent des civils, comme le confirment les coupures de courant en zone résidentielle.
Le Tribunal pénal international (TPI) a ouvert une enquête préliminaire sur les frappes de 2022, mais aucune accusation n’a encore été formulée. "Sans preuve claire d’un lien direct avec des opérations militaires, ces attaques pourraient être qualifiées de crimes de guerre", estime Karim Khan, procureur du TPI, dans une déclaration à Al Jazeera (25 juin 2026).
En résumé : une guerre par procuration énergétique
Les frappes sur Naftogaz ne sont pas un hasard. Elles font partie d’une stratégie globale pour :
- Affaiblir l’économie ukrainienne en perturbant les exportations de gaz vers l’Europe (l’Ukraine transite 12 milliards de m³/an via ses pipelines).
- Forcer une réduction des livraisons d’armes en créant un climat d’urgence humanitaire.
- Tester les limites de l’OTAN : jusqu’où l’Occident ira pour protéger les infrastructures critiques d’un pays non membre ?
Avec l’été 2026 qui approche, la question n’est plus "si" les frappes vont continuer, mais "à quelle échelle". Les réserves de gaz ukrainiennes, déjà fragilisées, pourraient devenir un point de rupture avant l’hiver.
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