La NASA a officiellement dévoilé l’équipage de la mission Artemis III, composée de Randy Bresnik, Frank Rubio, Andre Douglas et de l’astronaute de l’Agence spatiale européenne Luca Parmitano. Prévue pour fin 2027, cette mission en orbite terrestre basse testera les systèmes d’amarrage des atterrisseurs lunaires, bien que l’explosion récente d’une fusée New Glenn de Blue Origin fragilise le calendrier.
Une mission d’essai en orbite terrestre, pas sur la Lune
Photo: BBC
Contrairement aux attentes liées au programme Artemis, la mission Artemis III ne se posera pas sur la surface lunaire. Comme le rapporte The Conversation, le vaisseau Orion restera en orbite terrestre basse, à environ 467 kilomètres d’altitude — soit 290 miles — pour effectuer des manœuvres critiques. Selon la BBC, cette altitude place le vaisseau à 40 miles au-dessus de la Station spatiale internationale (ISS).
L’objectif principal est de valider les procédures d’amarrage avec les atterrisseurs développés par le secteur privé, notamment ceux de SpaceX et de Blue Origin. Cette étape est jugée indispensable avant de tenter un atterrissage lunaire habité, désormais projeté pour 2028 lors de la mission Artemis IV.
L’impact de l’explosion du lanceur New Glenn
Photo: Nine.com.au
Le calendrier de la NASA a été mis sous pression après l’explosion d’une fusée New Glenn de Blue Origin survenue le 28 mai 2026 au complexe de lancement de Cap Canaveral. Nine.com.au précise que l’incident a provoqué une onde de choc ressentie par les habitations voisines, soulignant la puissance du lanceur lourd.
Malgré cet échec, les responsables tentent de rassurer sur la continuité du programme. John Couluris, vice-président senior de Blue Origin, a qualifié l’incident d’ « anomalie significative » tout en affirmant que les travaux de reconstruction sur le site de lancement progressent rapidement. De son côté, Jeremy Parsons, administrateur adjoint au bureau du programme « Moon to Mars » de la NASA, a déclaré :
« Bien que nous reconnaissions qu’il y ait des questions sur la façon dont l’anomalie récente de Blue Origin affecte nos plans, les revers sont une opportunité d’apprentissage. »Jeremy Parsons, NASA, via The Guardian
Pour sa part, le PDG de Blue Origin, Dave Limp, a indiqué que les infrastructures critiques, telles que le parc de stockage des ergols et la tour de lancement, n’ont pas subi de dommages irréparables, ce qui pourrait permettre un retour en vol avant la fin de l’année, selon les analyses relayées par The Conversation.
Une « flotte stellaire » et des ambitions internationales
LIVE: NASA reveals crew for Artemis III moon mission
Lors de l’annonce au centre spatial Johnson à Houston, l’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a décrit cette nouvelle ère de l’exploration comme la naissance de la première flotte stellaire de la Terre. Il a souligné la complexité logistique à venir, où plusieurs engins spatiaux — incluant les capsules Dragon, Shenzhou, Soyouz, Starliner et le Starship — cohabiteront en orbite.
Le choix de l’équipage souligne également la dimension internationale du projet, avec la présence de Luca Parmitano, représentant l’Agence spatiale européenne. Comme l’a déclaré Isaacman :
« Nous vous souhaitons bonne chance pour le voyage à venir, vous portez le feu de l’exploration des générations passées, la confiance de cette agence, le soutien de cette nation et les rêves de millions de personnes qui vous encourageront. »Jared Isaacman, administrateur de la NASA, via The Guardian
Le contexte géopolitique reste une toile de fond persistante. La compétition avec la Chine, qui vise un atterrissage lunaire pour 2030, incite la NASA à accélérer ses efforts. La réussite de ce test de deux semaines en 2027 est désormais considérée comme le pivot permettant de maintenir les chances américaines de devancer le programme chinois.
Prochaines étapes pour la NASA et ses partenaires
Photo: The Guardian
Les 30 prochains jours seront cruciaux pour l’enquête sur l’explosion du New Glenn. La capacité de Blue Origin à remettre en état son pas de tir déterminera si le calendrier 2027 reste tenable. La NASA a confirmé qu’elle jouait un rôle actif dans cette phase de récupération.
« Laissez-moi vous assurer que la NASA prend un rôle actif avec tous nos partenaires, entrepreneurs et fournisseurs pour aider à résoudre les problèmes qui sont présents aujourd’hui et garantir que les résultats escomptés soient atteints », a insisté Jeremy Parsons, cité par The Guardian. Si le succès est au rendez-vous, Artemis III servira de socle technologique pour la construction d’une base lunaire permanente, étape ultime avant une expédition humaine vers Mars.