Trump et la guerre : le Congrès peut-il reprendre le contrôle ?

Trump lance une opération militaire en Iran, suscitant des inquiétudes sur le contrôle présidentiel

WASHINGTON (3 mars 2026) – Le président Donald Trump a lancé des frappes militaires en Iran, une action qui soulève des questions fondamentales sur les pouvoirs du président en matière de guerre et de paix, et sur le manque de consultation avec le Congrès et l’opinion publique américaine. L’opération, baptisée de manière informelle « Opération Epic Fury », intervient alors que la majorité des Américains s’opposent à un nouveau conflit au Moyen-Orient, selon un récent sondage de Politico.

L’administration Trump n’a pas encore présenté d’explication détaillée sur les raisons de cette intervention militaire, se contentant d’une rhétorique belliqueuse. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a tenu une brève conférence de presse, se concentrant sur la nécessité de « gagner » sans se soucier de « règles d’engagement stupides ».

Cette décision unilatérale rappelle les débats sur les pouvoirs présidentiels en matière de guerre, notamment après la guerre du Vietnam. Le Congrès avait alors adopté la Résolution sur les pouvoirs de guerre de 1973, dans le but de limiter la capacité du président à engager des forces armées sans l’approbation du Congrès.

La Résolution stipule que le président ne peut introduire les forces armées américaines dans des hostilités qu’en vertu d’une déclaration de guerre, d’une autorisation législative spécifique ou en cas d’attaque contre les États-Unis. Cependant, les présidents successifs ont contourné ces restrictions en invoquant des « urgences nationales » ou en s’appuyant sur des traités existants.

Un ancien assistant du sénateur John Heinz, qui a travaillé sur la question des pouvoirs de guerre en 1990, se souvient que la Résolution est à la fois trop faible et trop forte. Elle exige une consultation avec le Congrès, mais fixe également un délai de 60 jours pour toute action militaire, ce qui pourrait signaler aux adversaires une date limite et les inciter à négocier de mauvaise foi.

Le Congrès dispose de plusieurs options pour tenter de reprendre le contrôle. Il pourrait couper les fonds à l’opération, mais cela pourrait mettre en danger les soldats sur le terrain. Il pourrait également adopter une résolution exigeant la fin immédiate des hostilités, mais cela pourrait être perçu comme un affaiblissement de la position américaine.

Une autre option serait d’invoquer la Résolution sur les pouvoirs de guerre, ce qui obligerait le président à justifier son action devant le Congrès. Cependant, cette résolution est souvent mal comprise et son application peut être contestée.

Le sénateur Chris Murphy du Connecticut a récemment critiqué un représentant, Mike Lawler, pour avoir interprété sélectivement la loi, soulignant la complexité de son application.

L’histoire montre que les présidents ont souvent agi sans consulter pleinement le Congrès, comme Lyndon B. Johnson pendant la guerre du Vietnam, qui a obtenu une résolution du Congrès lui donnant carte blanche. Le Congrès a ensuite regretté cette décision et a adopté la Résolution sur les pouvoirs de guerre en 1973, qui a été imposée à Richard Nixon malgré son veto.

L’administration Trump, bénéficiant du soutien des deux chambres du Congrès et d’une forte emprise sur son parti, ne semble pas craindre une contestation immédiate. Cependant, la question de savoir si le Congrès peut réellement contraindre le président reste ouverte.

Pour l’instant, le Congrès pourrait utiliser la menace de la Résolution sur les pouvoirs de guerre pour exiger des explications et des auditions. Mais l’opération « Epic Fury » souligne également la nécessité de repenser les pouvoirs présidentiels en matière de guerre et de paix, afin de garantir que les décisions importantes soient prises de manière délibérative et constitutionnelle.

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