« La Dame en Or » continue de fasciner au Neue Galerie de New York
NEW YORK (AP) – Un portrait scintillant, réalisé il y a plus de 119 ans, continue d’attirer les foules au Neue Galerie de Manhattan. « Portrait d’Adele Bloch-Bauer I », œuvre de Gustav Klimt, est considéré par la directrice du musée, Renée Price, comme « notre Mona Lisa ».
L’œuvre, représentant la mondaine viennoise Adele Bloch-Bauer, trône depuis deux décennies sur le second étage de l’ancienne demeure transformée en galerie, située sur l’Upper East Side. Son histoire, marquée par les méandres de la Seconde Guerre mondiale et une bataille juridique acharnée, a été portée au grand écran en 2015 dans le film « Woman in Gold », avec Helen Mirren et Ryan Reynolds.
Klimt, artiste rebelle et figure de proue de la Sécession viennoise, a peint Adele Bloch-Bauer en 1907, sur commande de son mari, Ferdinand Bloch. L’artiste, connu pour ses mœurs libres et son style de vie excentrique, a capturé l’essence de la femme dans un portrait somptueux, riche en symboles et en références artistiques.
Le tableau est une véritable explosion d’or, de platine et d’argent, rehaussée de motifs inspirés des mosaïques byzantines découvertes par Klimt lors d’un voyage à Ravenne, en Italie. Des spirales évoquant le travail du métal grec antique et des éléments de la laque japonaise viennent compléter cette composition foisonnante.
« Klimt a éliminé la perspective traditionnelle », explique Renée Price. « Adele semble surgir du tableau, enveloppée dans un halo doré. »
L’histoire du tableau est aussi fascinante que l’œuvre elle-même. Après la mort d’Adele en 1925, le portrait a été saisi par les nazis lors de l’annexion de l’Autriche en 1938. Il a ensuite été exposé au Palais du Belvédère à Vienne pendant plus de 65 ans, avant d’être restitué à la famille Bloch-Bauer en 2006, suite à une longue bataille juridique menée par Maria Altmann, nièce d’Adele.
Le tableau a finalement été acquis par Ronald Lauder pour 135 millions de dollars et intégré à la collection permanente du Neue Galerie, où il continue d’inspirer les visiteurs.
« Il inspire de nombreux artistes », confie Renée Price. « Des jeunes viennent ici pour le croquer, c’est un véritable symbole. »
L’histoire d’Adele Bloch-Bauer et de son portrait est un témoignage poignant de l’histoire de l’art, de la spoliation nazie et de la quête de justice. Un chef-d’œuvre qui continue de fasciner et d’émouvoir, bien au-delà des murs du Neue Galerie.
