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Commission sur la liberté religieuse : membre évincé après débat sur l’antisémitisme

Membre de la commission sur la liberté religieuse renvoyée après un débat houleux sur l’antisémitisme

WASHINGTON (AP) – Un membre de la Commission sur la liberté religieuse, créée par l’ancien président Donald Trump, a été démis de ses fonctions après une audition tendue cette semaine portant sur la définition de l’antisémitisme et la place de l’activiste Candace Owens dans le débat public. Carrie Prejean Boller, ancienne Miss Californie devenue militante conservatrice, a défendu Owens, régulièrement accusée de diffuser des théories du complot antisémites.

L’incident, survenu lors d’une audition à Washington, met en lumière une fracture croissante au sein de la droite américaine concernant la gestion des discours haineux et l’antisémitisme. La commission, qui doit remettre un rapport à Trump au printemps, est également confrontée à une contestation judiciaire de la part de groupes religieux progressistes, qui dénoncent un manque de diversité au sein de ses membres.

Lors de l’audition, Prejean Boller a nié qu’Owens ait tenu des propos antisémites, citant un verset biblique interprété comme attribuant la mort de Jésus aux Juifs et contestant l’idée que la critique d’Israël puisse masquer de l’antisémitisme. Elle a également remis en question la pertinence de demander aux plateformes de médias sociaux de bannir des citations de ce verset biblique.

Seth Dillon, PDG du site satirique conservateur The Babylon Bee, témoignant lors de l’audition, a souligné l’importance du contexte. “Il y a des gens qui essaient de dissimuler leur antisémitisme sous le prétexte de critiquer simplement Israël”, a-t-il déclaré. Dillon avait été invité à témoigner sur la nécessité pour les conservateurs de s’opposer à un mouvement antisémite grandissant au sein de leur propre camp. Un extrait de son témoignage est disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=eNxkwMlJZL4&t=2382s.

Le lieutenant-gouverneur du Texas, Dan Patrick, président de la commission, a justifié la décision de renvoyer Prejean Boller en affirmant qu’elle avait “dévié de l’objectif” de l’audition pour servir ses propres intérêts personnels et politiques. “Aucun membre de la commission n’a le droit de détourner une audience pour son propre agenda personnel et politique”, a-t-il déclaré.

Cette affaire intervient alors que la commission est au centre d’une bataille juridique. L’Interfaith Alliance, ainsi que des organisations musulmanes, hindoues et sikhes, ont déposé une plainte devant un tribunal fédéral de New York, arguant que la composition de la commission viole la loi sur les comités consultatifs fédéraux de 1972, qui exige un équilibre entre les différents points de vue. La plainte souligne que la commission est composée “presque exclusivement de chrétiens avec un seul rabbin orthodoxe”, reflétant une vision étroite de l’histoire américaine comme étant fondée sur des principes “judéo-chrétiens”.

L’antisémitisme est un problème croissant dans le monde entier. Selon un rapport de l’ADL (Anti-Defamation League) publié en 2023, les incidents antisémites ont augmenté de 36 % aux États-Unis en 2022, atteignant un niveau record. Ce contexte rend les débats au sein de la Commission sur la liberté religieuse d’autant plus importants.

La controverse met également en évidence les tensions croissantes autour de la liberté d’expression et de la responsabilité des plateformes en ligne face aux discours haineux. La question de savoir où tracer la ligne entre la critique légitime d’Israël et l’antisémitisme reste un défi majeur pour les législateurs, les universitaires et les militants.

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