Russie : Les revenus du pétrole et du gaz en baisse malgré une résistance inattendue
Bruxelles – Les revenus pétroliers et gaziers de la Russie continuent de baisser, mais le pays parvient à maintenir un flux d’énergie vers l’Europe, notamment vers le sud et le sud-est du continent, selon une analyze récente du Center for Research on Energy and Clean Air (CREA).
Si les exportations de pétrole russe vers l’Europe restent limitées, elles persistent via la branche sud du pipeline Družba, alimentant encore la Hongrie et la slovaquie. Les exportations de gaz naturel russe vers l’Europe, bien que réduites de 5% par rapport à 2024, se maintiennent à environ 28 milliards de mètres cubes sur les neuf premiers mois de 2025.
La fin du transit du gaz russe via l’Ukraine a entraîné une réorientation des flux, avec une domination croissante du gaz naturel liquéfié (GNL) et du gazoduc TurkStream. Les livraisons de GNL vers l’UE ont diminué de 14% pour atteindre 14,5 milliards de mètres cubes, représentant plus de la moitié des exportations russes de gaz liquéfié. Les expéditions en provenance de Yamal continuent d’atteindre les ports d’Espagne, de France, de Belgique, des Pays-Bas et de Grèce.
Cependant,c’est le gazoduc TurkStream qui a renforcé sa position,devenant la principale voie d’acheminement du gaz russe vers l’Europe. Ses livraisons ont augmenté de 7% pour atteindre 13,8 milliards de mètres cubes.
Dépendance régionale persistante
TurkStream alimente principalement la Hongrie, la Serbie et d’autres pays des Balkans, où la dépendance au gaz russe reste significative. cette situation contraste fortement avec la tendance à la diversification énergétique observée en Europe occidentale, soulignant un découplage énergétique inégal par rapport à Moscou.
Contexte et enjeux à long terme
La guerre en Ukraine a accéléré les efforts de l’Union Européenne pour réduire sa dépendance aux combustibles fossiles russes. L’UE s’est engagée à diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique, en investissant massivement dans les énergies renouvelables et en recherchant de nouveaux partenaires commerciaux pour le gaz, notamment aux États-Unis et en Norvège.
Néanmoins, la transition énergétique s’avère complexe et prend du temps. Certains pays, en particulier dans les Balkans, sont confrontés à des défis économiques et infrastructurels qui rendent la diversification plus difficile. La Russie, de son côté, continue d’adapter sa stratégie en cherchant de nouveaux marchés, notamment en Asie, et en optimisant ses infrastructures existantes, comme le TurkStream, pour maintenir une présence sur le marché européen.
L’évolution de la situation énergétique en Europe aura des implications importantes pour la sécurité énergétique du continent, les relations géopolitiques avec la Russie et la lutte contre le changement climatique. La capacité de l’UE à accélérer sa transition vers une économie bas carbone et à réduire sa dépendance aux combustibles fossiles russes sera déterminante pour son avenir énergétique et sa position sur la scène internationale.
