Rugby : Le jeu se mondialise, Twickenham devient une plaque tournante inattendue
Londres, Royaume-Uni – Le rugby, traditionnellement ancré dans les nations de l’hémisphère nord et sud, entame une phase d’expansion mondiale agressive, avec des matchs se jouant désormais en dehors de ses bastions habituels. Un phénomène illustré par le match récent à Twickenham, qui, selon les experts, marque un tournant stratégique pour l’avenir du sport.
Alors que les nations de rugby de premier niveau ressentent les contrecoups financiers de la pandémie et des cycles de la Coupe du Monde, elles cherchent activement de nouvelles sources de revenus. Les équipes européennes, notamment, subissent des pertes importantes pendant les années de Coupe du Monde, tandis que les puissances de l’hémisphère sud, comme la Nouvelle-Zélande, l’Australie et l’Afrique du Sud, ne peuvent plus se reposer uniquement sur les visites sporadiques des Lions britanniques et irlandais pour assurer leur viabilité financière.
Cette situation a conduit à une série d’innovations,dont la “The Rugby Championship”,qui verra sa finale se tenir à twickenham l’été prochain,potentiellement en tant que terrain neutre si l’Angleterre ne parvient pas à se qualifier. Ce n’est pas une stratégie pour développer le rugby dans les pays émergents, mais plutôt une manière de maximiser les revenus dans un contexte économique difficile.
Le marché américain en ligne de mire
Les États-Unis sont apparus comme un marché cible prioritaire. La Nouvelle-Zélande, par exemple, prévoit une série de matchs à l’automne, dont une revanche contre l’Irlande à Chicago, témoignant de l’intérêt croissant pour le rugby outre-Atlantique.Ce mouvement s’inscrit dans une tendance plus large de l’internationalisation du sport, avec des événements de football américain (NFL), de football (soccer) et de baseball déjà bien établis au Royaume-Uni.
Le Moyen-orient, prochaine étape ?
L’horizon à long terme semble pointer vers le Moyen-Orient. Le Qatar est déjà désigné pour accueillir la finale du championnat des Nations en 2028, et des discussions sont en cours pour envisager des tests d’automne en 2026 ou des matchs de préparation à la Coupe du monde en 2027 dans la région.
“Le rugby est un sport qui s’adapte”, explique Berrick Barnes, ancien joueur international australien. “L’Angleterre et le Royaume-Uni sont habitués à accueillir des événements sportifs internationaux. C’est un pays passionné par le sport, et cela ouvre des opportunités pour le rugby de se développer à l’échelle mondiale.”
Un modèle économique en mutation
Cette stratégie de mondialisation du rugby ne se limite pas à la recherche de nouveaux revenus. Elle reflète également une évolution du modèle économique du sport, où la diversification des marchés et l’exploitation de nouvelles opportunités sont devenues essentielles à la survie et à la croissance. Le match à Twickenham, bien qu’il puisse sembler un simple événement ponctuel, est donc un indicateur clair de l’avenir du rugby : un sport de plus en plus globalisé, en quête de nouveaux publics et de nouvelles sources de financement. L’avenir du rugby, il semble, se jouera autant sur le terrain que dans les salles de réunion.
