Percée scientifique : Décryptage du mécanisme d’action d’un médicament anti-obésité
Québec,Canada – Des chercheurs de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec-Université Laval ont mis en lumière le mode d’action précis du topiramate,un ingrédient clé du médicament Qsymia,utilisé pour lutter contre l’obésité. Cette découverte, publiée dans la revue Obésité, pourrait ouvrir la voie à des traitements plus personnalisés et efficaces.
Qsymia, une combinaison de topiramate et de phentermine, est commercialisé depuis 2012 dans plusieurs pays, dont les États-Unis, la Corée du Sud et plusieurs nations européennes. Malgré son utilisation répandue, le mécanisme par lequel il induit une perte de poids restait jusqu’à présent un mystère.
L’équipe dirigée par la professeure Natalie Jane Michael a utilisé une technique d’électrophysiologie avancée sur des souris transgéniques pour révéler que le topiramate agit en inhibant une population spécifique de neurones, les NPY/AgRP, connus pour stimuler l’appétit. Contrairement à d’autres médicaments populaires comme Ozempic ou Saxenda, qui agissent sur les centres de satiété, le topiramate cible directement la faim.
Les résultats de l’étude confirment que l’efficacité de Qsymia est variable, avec une perte de poids moyenne de 10%, mais pouvant atteindre 20% chez certains individus, tandis que d’autres ne constatent que des changements minimes. Cette variabilité est attribuée à des facteurs génétiques et à la réponse individuelle à l’alimentation, un phénomène également observé avec d’autres traitements anti-obésité.
Comprendre l’obésité : un défi complexe
L’obésité est un problème de santé publique mondial, touchant des millions de personnes et augmentant le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de certains cancers. Les approches thérapeutiques actuelles incluent des modifications du mode de vie (alimentation et exercice physique), des médicaments et, dans certains cas, la chirurgie bariatrique.
Le topiramate, initialement développé comme médicament antiépileptique, a démontré des effets secondaires bénéfiques sur le poids, ce qui a conduit à son utilisation dans le traitement de l’obésité. Cependant, son mécanisme d’action précis était jusqu’à présent mal compris.
Vers des traitements plus ciblés
Cette nouvelle compréhension du mode d’action du topiramate pourrait permettre de mieux prédire la réponse individuelle au médicament et d’optimiser les traitements pour les personnes souffrant d’obésité. En identifiant les facteurs génétiques et physiologiques qui influencent l’efficacité du médicament, les médecins pourraient personnaliser les prescriptions et maximiser les bénéfices pour chaque patient.
L’étude a été menée par Moein Minbashi Moeini, Olivier Lavoie, Alexandre caron et Natalie Jane Michael de l’Université Laval, en collaboration avec Kevin Williams du University of Texas Southwestern Medical Center. Elle représente une avancée significative dans la recherche sur l’obésité et ouvre de nouvelles perspectives pour le développement de traitements plus efficaces et personnalisés.
