Maroc : Vagues de manifestations réprimées, affrontements et dégâts matériels signalés
Rabat, Maroc – Des manifestations spontanées, initiées via les réseaux sociaux par les groupes “genz 212” et “Voix du Maroc”, ont éclaté ce week-end dans plus d’une douzaine de villes marocaines. Les protestataires exprimaient leur mécontentement face à la corruption, aux dépenses publiques jugées excessives, notamment en prévision de la Coupe du monde 2030, et au chômage persistant.
Les forces de l’ordre ont dispersé les rassemblements non autorisés, conformément à la législation en vigueur. Cependant,le Jalfi (nom de l’agence de presse non précisé dans le texte original) rapporte une escalade de la violence dans certaines zones,avec l’utilisation d’armes blanches,de cocktails Molotov et de jets de pierres.
Le bilan provisoire des affrontements fait état de 286 blessés, dont 263 membres des forces de sécurité et 23 manifestants. Plus de 140 véhicules des forces de l’ordre et une vingtaine de voitures civiles ont été endommagés par des incendies. Des intrusions et des actes de pillage ont également été signalés dans des administrations, des établissements bancaires et des commerces. Un incident particulièrement grave a vu des manifestants bloquer une ambulance en route vers les blessés.
Ces manifestations rappellent le mouvement de contestation qui avait secoué la région du Rif entre 2016 et 2017, et constituent une nouvelle expression du mécontentement social au Maroc. Les organisateurs avaient appelé à des rassemblements “pacifiques et civilisés” via des plateformes numériques telles qu’Instagram, TikTok et Discord.
Contexte et enjeux:
Le Maroc, comme de nombreux pays de la région, est confronté à des défis socio-économiques importants, notamment un taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes. La perception de la corruption et des inégalités croissantes alimente un sentiment de frustration qui se traduit parfois par des mouvements de protestation.L’organisation de la Coupe du Monde 2030, bien qu’elle représente une opportunité économique, suscite également des critiques quant à l’allocation des ressources publiques. La gestion de l’espace public et la liberté d’expression restent des enjeux sensibles dans le contexte politique marocain.
