Pérou : Détention préventive ordonnée contre l’oncle de Xiomara Huertas dans l’affaire d’un féminicide présumé
Vichayal, Pérou – Un juge péruvien a ordonné ce jour la détention préventive de Jorge SA, l’oncle de Xiomara Huertas Santiago, étudiante en governance à l’Université nationale de Piura, retrouvée morte dans sa résidence de Vichayal. la décision fait suite à la découverte d’éléments compromettants reliant l’accusé au crime.
L’enquête a révélé que plusieurs objets retrouvés sur les lieux, notamment des “Sanguillas” (un type de sandale) et un sac, appartenaient à Jorge SA. Des analyses ont également confirmé la présence de matières organiques et de sang humain sous les ongles de la victime. Des fragments de papier hygiénique tachés de substances suspectes, ainsi que des vêtements maculés de sang, sont actuellement soumis à des analyses biologiques pour déterminer la présence de liquide séminal et confirmer une correspondance avec l’ADN de l’accusé.
Le juge a motivé sa décision par la “suspicion solide et grave” liant Jorge SA au féminicide, ainsi que par le risque de fuite, compte tenu du manque de liens stables avec un domicile, une famille ou un emploi. La détention préventive a été fixée à neuf mois, période durant laquelle les enquêteurs poursuivront leurs investigations.
Xiomara Huertas Santiago avait été signalée disparue par ses proches avant que son corps ne soit découvert au domicile de son oncle. Une arrestation préliminaire de sept jours avait été émise le 25 août, permettant au bureau du procureur de rassembler les preuves présentées lors de l’audience de prison préventive.
Le féminicide en Pérou : un fléau persistant
Cette affaire intervient dans un contexte alarmant de violence envers les femmes au Pérou. Le féminicide, défini comme le meurtre d’une femme en raison de son genre, est un problème endémique dans le pays. En 2023, le Pérou a enregistré un nombre élevé de féminicides, soulignant l’urgence de renforcer les lois, les politiques et les programmes de prévention.Le gouvernement péruvien a mis en place des mesures pour lutter contre la violence basée sur le genre, notamment la création de tribunaux spécialisés et de refuges pour les victimes. Cependant, les organisations de défense des droits des femmes estiment que ces efforts sont insuffisants et plaident pour une approche plus globale, incluant l’éducation, la sensibilisation et le soutien psychologique aux victimes.
L’affaire Huertas Santiago met en lumière la nécessité d’une vigilance accrue et d’une action concertée pour mettre fin à la violence envers les femmes et garantir la sécurité de toutes les citoyennes péruviennes. Le ministère public dispose désormais de neuf mois pour mener à bien son enquête et déterminer si d’autres personnes ont été impliquées dans ce crime odieux.
