une suite sombre qui n'hésite pas à choquer

Soyez assuré que nous n'allons pas révéler ici les détails de l'intrigue de l'un des films les plus attendus de l'année. La grande majorité des fans de Harry Potter attendent, comme tous les livres et films des vingt dernières années de J.K. Rowling, pour découvrir par eux-mêmes cette nouvelle histoire de sorciers. Mais vous êtes peut-être curieux de savoir comment évolue cette nouvelle saga après une première partie de Fantastic Animals parue en 2016, qui a parfois divisé la communauté des fans. Sachez tout d’abord que le long métrage qui dure 2h14 ne prendra pas le temps de prendre vos mains pour vous présenter à nouveau les personnages. L'intrigue se déroulera sur cinq films au total est construit comme une série télévisée et est destiné à ceux qui connaissent bien les épisodes précédents.

Si, par hasard, vous avez une mémoire un peu défectueuse ou si vous accompagnez des fans invétérés dans les salles obscures sans rien savoir à ce sujet, n'hésitez pas à lire notre résumé essentiel avant de plonger dans les crimes de Grindelwald. Vous pourrez profiter au mieux de votre session.

Attrape-moi si tu peux. Le film est long et tu ne verras pas le temps passer car l'intrigue est dense. Nous voyageons rapidement entre New York, que nous avons laissé dans la première partie, le Royaume-Uni, que nous connaissons bien avec les 8 films de Harry Potter, et le nouveau décor de ce film: Paris. En termes d’atmosphère et d’action, The Crind Grindelwald se situe entre l’Ordre du Phénix et The Deathly Hallows Part 2. Pas étonnant, car c’est le même directeur aux commandes: David Yates. Nous trouvons beaucoup de scènes très rapides, très dynamiques et avec beaucoup de sorts lancés.

Le film est encadré par deux énormes scènes d'action spectaculaires. La première vous plongera très directement dans l'atmosphère du long métrage avec une chasse nocturne et aérienne déjà présentée en partie dans la bande-annonce. Les derniers viendront clore cette partie en créant un "cliffhanger" assez dévastateur quand on saura qu'il faudra attendre deux ou trois ans avant de découvrir la suite. Ce thème de la chasse en est également le fil conducteur. Cette fois, le film est la place des deux poids lourds de la distribution: Jude Law dans le rôle du jeune Albus Dumbledore et Johnny Depp dans le rôle de Gellert Grindelwald. Albus tente d'arrêter indirectement Gellert qui lui échappe par certaines manipulations. Nos héros courent aussi après: Newt et son frère cherchent Credence, Credence cherche ses origines et Leta avec Nagini, Jacob suit Newt dans l'espoir de trouver Queenie, Queenie cherche Tina et Tina cherche Credence .. Suivez-vous toujours? Fondamentalement, l’intrigue est un jeu énorme de chat et de souris qui mènera tout le monde dans les griffes du magicien noir magique ersatz de Hitler: Gellert Grindelwald. Nous retrouvons ici la passion des enquêtes policières de J.K. Rowling comprend toujours des mystères, des énigmes et des indices dans ses récits.

Un style riche et sophistiqué Sur le plan cinématographique, le film est un succès avec des effets spéciaux toujours très bien réalisés, sans pour autant être bouchés. Les chats du ministère de la Magie français et un ou deux petits détails méritaient un peu plus de travail en post-production mais c'est beaucoup moins l'impression d'être dans un studio rempli de fonds verts comme dans la première partie. Le réalisateur semble avoir compris la leçon et limité les téléportations intempestives du film précédent. La photographie est souvent très belle et bien pensée comme la scène d’introduction du personnage de Leta Lestrange (Zoë Kravitz), filmée de très près pour montrer la fascination qu’elle exerce toujours sur Newt Scamander. Les costumes sont toujours aussi sophistiqués. La musique est toujours plus spectaculaire. Il est signé James Newton Howard (Hunger Games, Sixth Sense, la trilogie Batman Nolan) qui devrait s’occuper de la saga dans son intégralité. C’est un hommage aux créations de John Williams ou d’Alexandre Desplat qui ont mis en musique les précédents films du monde sorcier.
Des acteurs qui se libèrent d'archétypesLe jeu des acteurs s'enrichit encore plus, même si les personnages, désormais très nombreux, ont finalement peu d'ampleur à briller. Eddie Redmayne joue un Newt un peu moins affecté et associable tout en conservant l’essence de son personnage. Jude Law est un brillant jeune Albus Dumbledore. Les fans de livres trouveront ici le fantasme du professeur de romans de Poudlard plutôt que l'interprétation discutable donnée par Michael Gambon après la mort de Richard Harris. Il est drôle, attachant, bienveillant, manipulateur et quelque peu perturbé par ses ennuis passés. Crimes Grindelwald tente de faire la lumière sur les défauts humains de ces personnages et il est le bienvenu.

Les spectateurs ont apprécié la performance du premier film de Colin Farrell avant de découvrir que le grand méchant serait en fait joué par Johnny Depp. Sa très brève apparition à la fin de 2016 a été très critiquée, mais la star américaine joue son rôle dans ce deuxième film qui tourne autour de lui. Il ne joue pas un personnage lunatique et théâtral au Jack Sparrow. Il est intelligent, excellent psychologue, délicat malgré ses projets sombres. Son physique (cheveux en peroxyde, moustache, lentilles de contact) et son idéologie ne laissent aucun doute sur son rôle de grand méchant, mais son jeu apporte un aspect agréable non manichéen. Un physique moins cliché aurait pu ajouter une dose de finesse supplémentaire. Ezra Miller émerge de l'imitation répétitive d'un enfant traumatisé pour montrer toute la confiance que son personnage de Credence a acquise. Dan Fogler (Jacob) s'appuie moins sur l'humour et crie pour plonger avec Alison Sudol (Queenie) d'une manière plus dramatique. Les nouveaux visages: Zoë Kravitz (Leta Lestrange), Callum Turner (Theseus Scamander), Claudia Kim (Nagini) et William Nadylam (Yusuf Kama) ajoutent des couleurs et des émotions différentes à un tableau déjà riche. Chacun ne peut pas vraiment développer une gamme incroyable d’émotions – le manque de temps – mais Kravitz et Turner, dans leurs liens avec Newt, se retirent du jeu et pourraient faire quelques larmes.

Enfin, le dernier personnage est probablement Paris. Un Paris fantasmé, carte postale. Une ville belle, propre et élégante. Contrairement au film précédent, le réalisateur ne prend pas vraiment le temps de développer une culture de la sorcière française. Tout le monde parle anglais ou presque. Seuls deux personnages tiennent des rôles de compatriotes: Vinda Rosier (Poppy Corby-Tuech), la belle et toxique assistante de Grindelwald (le cliché du parisien des anglo-saxons) et de Nicolas Flamel (Brontis Jodorowsky). La France est avant tout un décor avant d’être une culture et on peut probablement regretter un peu de ne pas être allé plus loin.
Une suite qui oseLe monde tissé par J.K. Rowling surfe sur certaines valeurs de l'auteur. La réflexion sur les différences, la hiérarchie des individus, la critique d'un certain fascisme, la recherche des racines de la famille et des couples amoureux un peu trop évidents … Néanmoins, la mère écossaise et Harry Potter n'hésite pas prendre des risques dans le développement de ses personnages. Ses histoires sentimentales sont beaucoup plus complexes que dans la première partie, le grand méchant n'est ni une brute ni un Voldemort que nous ne pouvons rien sauver et le dernier quart du film a des surprises qui devraient laisser beaucoup de spectateurs bouche bée.

Les crimes de Grindelwald ne sont pas seulement un film de transition vers une finale spectaculaire: ils offrent un feu d'artifice maintenant et n'hésitent pas à faire des sacrifices, à faire des trahisons et à lancer quelques bombes dynastiques qui vont transformer les méninges des Potterheads.

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