Un bonus exceptionnel versé aux employés? À quoi s'attendre - actu.fr

Les entreprises volontaires pourraient verser une prime non imposable à leurs employés pour "soutenir le pouvoir d'achat". (© Illustration / AdobeStock) Faut-il compter sur les entreprises pour soutenir leur pouvoir d'achat? C'est en tout cas le souhait du gouvernement qui, dans la crise qui oppose les vestes jaunes, s'attend à une plus grande contribution des employeurs.
Dans son discours du mardi 4 décembre, le Premier ministre Edouard Philippe a suggéré l'introduction d'un "bonus exceptionnel" versé par les patrons, qui serait exempt d'impôt et exempt de charges sociales. Gratuit pour les entreprises qui le souhaitent et peuvent faire ce geste.
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"Meilleur travail de récompense"
L’objectif: soutenir le pouvoir d’achat et faire en sorte que "le travail de la récompense soit meilleur".
Plusieurs ministres ont applaudi la proposition, notamment Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics, qui s'est exprimé jeudi au micro du matin de France Inter:
Si les entreprises – et nous les encourageons à le faire – peuvent mieux redistribuer la différence entre capital et travail, je suis personnellement en faveur de cela.
"J'espère que les chefs d'entreprise saisiront cette opportunité pour payer des intérêts aux employés", a déclaré jeudi matin au ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, le tournage de France 2.

🗨️ @BrunoLeMaire "J'espère que les chefs d'entreprise que j'ai rencontrés plus tôt paieront une taxe d'incitation sur le partage des bénéfices aux employés." #PouvoirDachat #GiletsJaunes # Les4V @telematin pic.twitter.com/kYkU1uGf1m
– Caroline Roux (@Caroline_Roux) 6 décembre 2018
Combien?
Combien pourrait être cette prime? Le gouvernement n'avance sur aucun chiffre. "Il pourrait monter à environ 1000 euros, environ un petit Smic", propose de son côté Xavier Bertrand, le président (LR) des Hauts-de-France, qui défend déjà cette idée depuis plusieurs mois.
Selon son entourage, cette prime pourrait être payée par la société en deux fois, par exemple en juin et en décembre.

Pourquoi ne pas donner aux entreprises l’occasion de payer leur prime de pouvoir d’achat une ou deux fois par an? Une prime payée à titre gracieux et non imposable pour le salarié. #BourdinDirect pic.twitter.com/D6pRxq6XOt
– Xavier Bertrand (@xavierbertrand) 4 décembre 2018
Les employeurs & # 39; L’association Ethic, également à l’avant-garde de cette initiative, parle plutôt d’une somme d’environ 150 euros, en fonction des possibilités de la société, ou des bons.
Pour éviter toute manne qui pourrait permettre aux entreprises qui avaient déjà prévu de récompenser leurs employés de ne plus payer d’impôts, Bercy prévoit de limiter l’enveloppe à 1 000 euros. Ces paiements ne tenant pas compte de la retraite, ils ne pèseraient pas dans le budget de l'État.
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Et quand ?
Une autre inconnue à propos de ce "bonus exceptionnel": sa date de mise en oeuvre, s'il voit bien le jour. Pour Matignon, il n'est "pas du tout certain que les mesures liées à ce bonus soient incluses dans le budget 2019" qui devront être votées avant la fin du mois de décembre, estime Le Parisien.
Le texte pourrait donc être inclus dans une loi de finances rectificative au début de l'année prochaine pour une demande 2019.
Qu'en pense le patron?
Le principe a longtemps été défendu par le CPME, la Confédération des petites et moyennes entreprises, qui en avait fait son favori lors de la dernière élection présidentielle. Son président, François Asselin, cité par Le Parisien, explique que "l'entrepreneur paierait aux salariés de son choix, les salaires les plus dynamiques ou les plus bas par exemple".
La prime pourrait même être récurrente et renouvelée d'année en année sur le principe des heures supplémentaires libres d'impôt.
Reste à savoir quelles entreprises et combien joueront le jeu, comme le demande le Medef.
Les principaux employeurs & # 39; L'organisation estime, à travers la voix de son président Geoffroy Roux de Bézieux, que "tous les secteurs ne pourront" donner cet élan à leurs employés, en particulier "les commerçants qui souffrent et qui viennent en plus de prendre un mois de ventes catastrophiques".

Geoffroy Roux de Bézieux (@ GeoffroyRDB): "Le système de primes exceptionnelles proposé par le gouvernement est probablement une bonne idée: là où ça se passe bien, nous pouvons faire un geste" # le79Inter pic.twitter.com/BpcPU4RQJR
– France Inter (@franceinter) 7 décembre 2018
Contacté par actu.fr pour plus de détails, les employeurs & # 39; les organisations n'ont pas suivi nos demandes.
Et les syndicats de salariés?
Même perplexité du côté des syndicats. Interrogé par actu.fr, le secrétaire général de la CFDT Bretagne, Erwanig Le Roux, se veut prudent:
Nous ne sommes pas contre, mais c’est une bonne mesure de réagir à la crise. Nous demandons depuis plusieurs semaines au gouvernement d'ouvrir des négociations sur les salaires réels dans les entreprises et les branches.
Parmi les propositions de la CFDT: éviter les concentrations de salaires autour du Smic et réduire les écarts de rémunération. Ils ont été remis, entre autres, au ministère du Travail ce vendredi 7 novembre.
Pour le syndicat, sans doute, dans cette crise des vestes jaunes, "le gouvernement paie les fruits de ce qu'il a semé en abandonnant le dialogue social et en réduisant le rôle des intermédiaires".
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