Un blizzard épique tourbillonne autour des réflexions de Moore sur la maternité et les traumatismes



La scène d’ouverture de This Is How We Love — le dernier roman de Lisa Moore, auteur terre-neuvienne de renommée internationale, primée, célébrée et vénérée — dévaste habilement. Que le lecteur dévoué de Moore se méfie.

Mère Jules est secouée de son sommeil en vacances au Mexique, le téléphone sonne avec la nouvelle que son fils de 21 ans, Xavier, a été poignardé et se bat pour sa vie à l’hôpital St. Clare’s ICU, le tout sous le poids littéral et figuratif et l’arrêt d’une urgence de tempête de neige, comme celle que St. John’s a connue lors du Snowmageddon de 2020.

C’est comme ça qu’on aime

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C’est comme ça qu’on aime

Dans L’affaire contre le complot traumatique, New yorkais Le critique Parul Sehgal soutient que «le traumatisme est devenu synonyme de trame de fond» et préconise plutôt que l’artiste s’efforce d’avoir une «ouverture plus large» – pour passer du traumatisme initial à une considération complexe des domaines générationnel, social et politique.

Moore fait bien les choses, plus que d’atteindre cette ouverture plus large. Elle présente, devant et au centre, l’attaque violente, puis passe à une histoire richement rendue qui, dans le style caractéristique de Moore, nous fait ressentir, goûter, sentir, sursauter, frissonner et effrayer avec Jules et les autres narrateurs : son fils Xavier ; Trinity, amie d’enfance troublée; la mère adoptive glaciale mais juste Mary; et l’insaisissable Brad Murphy, qui en 3e année a été arrêté – oui, arrêté – à l’école devant tout le monde.

Il y a des échos de Sauf sile dernier roman de feu Carol Shields, dans lequel la mère Reta réfléchit à la notion de chanceux, sa jeune fille adulte ayant rejeté toute cette soi-disant chance intégrée pour une vie sans logement au coin d’une rue de Toronto.

De même, Jules, dans une recherche désespérée de sens à la situation désespérée de son fils, médite sur le privilège intergénérationnel au cours d’une seule phrase perçante et propulsive qui dure trois quarts de page.

Ailleurs, les phrases étonnent sous une forme saccadée, déterrant une idée et une trame de fond après la suivante, des souvenirs racontés sous différents angles, la tempête de neige ne s’arrêtant jamais. Le plaisir du lecteur est dans les tournures de phrases.

Jules, observant Xavier dans un moment d’inconscience, note “le moi brut, non assemblé, sans penser à la présentation”. La compréhension de Trinity de son lien d’enfance avec Xavier diffère de la sienne: “Ce n’était pas une rencontre sans conséquence d’il y a longtemps – mais quelque chose d’indestructible, de destin et plein d’une inquiétude écrasante.”

Un autre plaisir se trouve dans les descriptions de la création artistique, en particulier une aquarelle de Jules de Broad Cove, NL qu’il est tentant d’appliquer à la couverture de la première édition de C’est comme ça qu’on aimequi est crédité à nul autre que Moore elle-même.

Comme elle l’a fait dans les romans précédents, Moore intègre des scènes d’événements historiques réels, dont celle de la visite royale à St. John’s de la princesse Diana et du prince Charles en 1983.

La vidéo est facilement trouvable en ligne, bien que la représentation de Moore soit supérieure : Diana lissant sa jupe avec ses “mains aux gros os” et Charles jouant avec les micros, “donnant l’impression qu’ils sont des marionnettes en conversation”.

Le père Hickey, debout entre le couple royal – le même prêtre qui est accusé des années plus tard de nombreux chefs d’accusation de maltraitance d’enfants – se résume en trois traits astucieux: “charismatique et branché et dépravé”.

Une affirmation essentielle du roman s’exprime très tôt et entretient tout au long une sorte de tension morale. Jules réfléchit avec angoisse : « C’est une histoire de mères. Comment cela n’a rien à voir avec le sang ou le choix ou le fait d’être choisi. Cela a à voir avec le pouvoir. Reste à savoir si j’en suis capable. »

On traîne dans ces limbes avec Jules. Reste à savoir si nous en sommes capables. Telle est la puissance de l’écriture de Moore.

Sara Harms est une lectrice dévouée de Moore depuis qu’elle a découvert la deuxième collection nominée par Giller, Open, en 2002.

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