Thionville. Stéphane Chevalier refait le film

La discussion pourrait durer des heures. Stéphane Chevalier est un authentique cinéphile. À 50 ans, le Thionvillois ne compte pas le temps passé devant la toile depuis qu’il est gosse, depuis qu’il regardait Tarzan à 10 ans devant le petit écran. Mais il aime aussi gratter derrière la pellicule, poursuivre l’histoire au-delà du générique. Il ne parle pas d’un film sans référence, sans citer une réplique, sans glisser une anecdote sur le tournage, sur son réalisateur, sur cet acteur dont on connaît le visage et dont on a oublié le nom. Il ne se contente pas de les raconter autour d’un café. Stéphane Chevalier écrit. Il a même appelé son agence de communication La Plume.

La crise sanitaire et les confinements lui ont permis de travailler, en parallèle de son activité, sur trois ouvrages de cinéma. Il s’est penché sur trois classiques américains, sortis des studios Bronston dans les années 1960. Les 55 jours de Pékin de Nicholas Ray. Ainsi que deux films d’Anthony Mann : je a Chute de l’Empire romain et Le Cid « j’ai encore les poils qui se hérissent quand je pense au duel final », montre-t-il sur ses bras.

Travail sourcé

Ses livres, mis en page par son épouse et associée Rania, accompagnent les coffrets DVD/blu-ray. Un marché de niches désormais, qu’il faut sublimer. Stéphane Chevalier a fouillé, feuilleté internet. « Ces films sont des productions italienne, américaine, espagnole », explique-t-il. De quoi démultiplier les sources d’infos. Il a trié, traduit, retranscrit. « J’ai acheté toutes les biographies des acteurs », s’amuse-t-il. Il y a les plus connus : Charlton Heston, Ava Gardner, Sophia Loren. Et les autres, peut-être moins célèbres mais facilement identifiables si l’on pioche dans leur filmographie : Stephen Boyd (l’ami d’enfance dans Ben Hur ), Alec Guinness (danse Obi-Wan Kenobi Guerres des étoiles ) ou encore James Mason (le prof de lettres dans Lolita de Kubrick).

Stéphane Chevalier s’est connecté à des blogs de fans, pris contact avec des journalistes spécialisés et les rares comédiens de ces trois films toujours en vie. Dans l’ouvrage sur Le Cid il interviewe Gary Raymond, qui interprétait le roi Sanche. Tous les chapitres sont richement illustrés de photos de promo ou sans ayants droit. Certaines paraissent aussi insolites qu’inédites.

Du péplum au western spaghetti

Chaque livre est truffé de détails sur le casting, les coulisses de tournage, les décors grandeur nature, le contexte historique, la réalisation, les armées de figurants… « J’ai grandi avec ces films », confesse Stéphane Chevalier. Au-delà de l’aspect sentimental, l’auteur perçoit dans ces histoires et ces héros une résonance avec la société actuelle. Amitié, religion, idéaux, loyauté sont autant de thèmes abordés (même dans un péplum comme La Chute de l’Empire romain ). « Les 55 jours de Pékin est un film qui rappelle l’Orient dans ce qu’il a de plus authentique », ajoute-t-il.

Le choix de ces œuvres restaurées lui a été soufflé par la maison qui les édite, Rimini éditions, portée par un autre passionné avec lequel il collabore depuis plusieurs années. Tout est affaire de connexion, de rencontre, d’échange. L’ancien gamin de Belfort, passé par Strasbourg, le sait. Dans le passé, il a organisé des projections, contribué à un fanzine, monté des festivals, pris part au dictionnaire du western italien. Et ce n’est pas fini. Car malgré son goût prononcé pour le western spaghetti, il garde une appétence insatiable pour le 7e art. Le champ est large.

Coffrets disponibles sur Amazon ou sur le site de la Fnac.

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