Thionville. Pourquoi certains foyers n’ont toujours pas la fibre ?

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L’état des lieux

Dans le cadre du déploiement du très haut débit sur le périmètre de la communauté d’agglomération Portes de France – Thionville, Orange s’est positionné depuis 2012 et finance sur ses fonds propres le nouveau réseau. A l’heure actuelle, le taux de couverture du parc raccordable, par commune, est le suivant : 100 % pour Illange, parti d’une page blanche, 96 % pour Lommerange, 92 % pour Thionville, 86 % pour Havange, 84 % pour Basse-Ham, 83 % pour Manom, 80 % pour Tressange, 78 % pour Terville, 76 % pour Yutz, 63 % pour Fontoy et Kuntzig, 44 % pour Angevillers, 0 % pour Rochonvillers (la lanterne rouge avec un ADSL boosté mais cinq poteaux viennent d’être posés la semaine dernière). Plusieurs freins au déploiement par Orange et leurs sous-traitants expliquent aujourd’hui pourquoi certains foyers ne sont toujours pas raccordés.

Le refus d’un tiers

Lorsqu’un tiers refuse le passage du réseau fibre en façade ou via la cave de son logement, il arrive qu’il bloque le déploiement pour la suite de la rue, ce que le riverain ne sait pas forcément. Sachant qu’Orange et ses sous-traitants n’ont pas vocation à créer de « génie civil », ils ne poursuivent donc pas le déploiement sauf si un autre cheminement est trouvé. En effet, le cheminement de la fibre se doit de suivre l’adduction déjà créée pour le cuivre, qu’elle soit aérienne ou souterraine. Dans ces cas-là, la médiation est de rigueur avec le propriétaire. S’il ne veut résolument pas de câble sur sa façade, libre à lui de payer le génie civil sur le domaine public (généralement très onéreux).

Une convention non établie

Pour le déploiement dans un immeuble de 4 logements ou plus, une convention entre Orange et le syndic est nécessaire. La procédure est parfois longue car la convention est à signer en assemblée générale des copropriétaires (une fois par an). Une fois la convention signée et contresignée par Orange, une équipe vient sur site pour établir une fiche immeuble afin que le bâtiment soit raccordé sous 6 mois. Enfin, passé le délai légal ARCEP allant de 1 à 3 mois selon les cas, les habitants pourront souscrire un abonnement auprès du fournisseur d’accès internet de leur choix. A savoir que parfois, il est difficile pour Orange de trouver le propriétaire ou le bon syndic, ce qui retarde l’établissement de ladite convention.

L’opposition des riverains à la mise en place de poteaux

Lorsque le réseau cuivre est en aérien, Orange se doit de consulter ENEDIS pour savoir si les poteaux présents sont en capacité de supporter la pose de ce nouveau réseau (boîtier + câblage). C’est ce qu’on appelle le « calcul de charge ». Si le poteau est en surcharge, il faudra alors implanter un nouveau poteau pour pallier la surcharge. Orange et leurs sous-traitants proposent alors un dossier d’implantation de poteau à la commune pour validation. Ce n’est qu’une fois ce dernier validé que les travaux peuvent débuter.

Néanmoins, il arrive que, bien qu’il soit prévu sur l’espace public, les riverains refusent catégoriquement son implantation (en général sur leur zone au droit du terrain) et empêchent les équipes de travailler, ce qui ralentit la procédure. Il arrive aussi que les propriétaires refusent le passage de câble devant leur façade ou au-dessus de leur toit, leur maison étant située entre deux appuis. Le surplomb sur le terrain privé des câbles fibre est soumis à autorisation.

La non-réponse

Il arrive par ailleurs que les courriers de demandes d’autorisation de passage restent sans réponse de la part des propriétaires ou pire, reviennent à l’expéditeur. Dans ces cas précis, sans autorisation malgré les courriers de relance, le déploiement ne peut légalement pas se poursuivre. Rechercher les nouvelles adresses et/ou nouveaux propriétaires rallonge le procédé.

Généralement, Orange part sur des accords tacites, c’est-à-dire que sans réponse, Orange considère que c’est accepté. Cette opération est beaucoup utilisée pour la pose de point de branchement optique (PBO) sur façade par exemple. En effet, dans ce cas, les propriétaires sont forcément au courant puisque la demande est déposée dans la boîte aux lettres.

L’interdépendance des secteurs

Dans certains cas, le déploiement d’une rue en souterrain est directement dépendant du déploiement aérien situé en amont ou vice et versa.

Problème de génie civil

Lorsque le déploiement se fait en souterrain, il arrive qu’une réfection de chaussée ou de trottoir ait écrasé les gaines présentes dessous. Dans ces cas-là, une intervention particulière est à prévoir. Si le réseau appartient à Orange, c’est ce dernier qui se charge de la réparation. Sinon, c’est au propriétaire du réseau de les faire (dans ces cas-là il y a souvent litige et il est compliqué de définir strictement qui fait quoi…).

A noter que si une casse est détectée sous de l’enrobé neuf, les communes ne donnent pas l’autorisation à Orange de réparer (faire une tranchée) avant que l’enrobé ait 3 ou 5 ans.

Conduites fantômes

Prenons enfin les cas des logements un peu plus isolés. Il arrive que les gaines acheminant l’ADSL à la propriété aient été tirées selon d’anciennes normes, ou par les propriétaires eux-mêmes au moment de la construction de la maison. Dans ces cas-là, Orange n’étant pas propriétaire de ce « raccordement » car non posé par Orange, Orange ne saurait intervenir si un problème se faisait jour sur cette conduite privative.

Bon à savoir : plus le taux de couverture monte dans les communes, et plus les techniciens découvrent des situations où le déploiement devient moins aisé.

https://reseaux.orange.fr/couverture-reseaux/carte-de-couverture-fibre

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