Thierry Breton continue de grandir Atos

Thierry Breton continue de grandir Atos

PORTRAIT Après une transition politique ratée, l'ancien ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, Thierry Breton, s'est lancé dans le développement du groupe informatique français, qui vient d'acquérir l'américain Syntel pour 3 milliards d'euros.

C'est le dernier succès d'Atos. Le groupe informatique français vient d'offrir, pour 3,4 milliards de dollars (3 milliards d'euros), la société américaine de logiciels Syntel et poursuit son développement sur le marché nord-américain. Depuis 2008, Atos a doublé de taille pour devenir le leader européen des données. En 2017, l'entreprise a réalisé 11,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires, contre 5,6 milliards d'euros dix ans plus tôt. C'était aussi l'arrivée à la tête du groupe de Thierry Breton. . Il apparaît maintenant comme l'un des architectes de ce succès. Spécialisé dans les reprises d'entreprises en difficulté (Bull, Thomson Multimédia, France-Télécom) cet ingénieur formé chez Supélec a longtemps traîné une réputation de «cost-killer» (chercheur), prompt à abandonner les entreprises une fois restructurées. Absence de pouvoir Dans la vingtaine de postes qu'il a occupés tout au long de sa carrière, Thierry Breton a alterné entre le secteur privé et les responsabilités publiques. Il a été conseiller du ministre de l'éducation René Monory (1987-88) et vice-président du conseil régional de Poitou-Charentes. Mais son passage en tant que ministre de l'Economie Jacques Chirac, entre février 2005 et mai 2007, ne lui a pas laissé un souvenir aussi étincelant que sa ronde évidente à la tête d'Atos. «Sous la Cinquième République, il y a très peu de grands managers du monde de l'entreprise aux postes ministériels, analyse l'historien Jean Garrigues, à l'exception de Francis Mer et Jean-Pierre Fourcade, et aucun n'a vraiment réussi en politique. un patron à Bercy Une particularité qui peut s'expliquer par le recrutement de personnel politique parmi les principaux organes de l'Etat, et l'inadéquation des grands patrons au système partisan français. «Les compétences techniques ne suffisent pas, les hommes de l'entreprise ne sont pas suffisamment équipés pour peser dans la vie des partis politiques», juge l'historien. Proche du clan Chirac et François Baroin, Thierry Breton a fait les frais de l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, ce qui le met hors de pouvoir en 2007. L'obsession de la réduction des coûts Alors qu'il prend les rênes d'Atos en novembre 2008, Thierry Breton intègre la discipline financière dans la stratégie de l'entreprise. "J'aime travailler sans dettes", a-t-il déclaré en 2016 dans une interview accordée à la Digital Factory. La première chose que j'ai faite quand je suis arrivé en 2008 était de désendetter Atos. "Cette entreprise" a été construite en acquérant successivement des entreprises, souvent en faillite, pour récupérer leurs comptes ", explique Matthieu Lavillunière, Analyste Financier chez Invest Securities, ce qui excelle chez Thierry Breton: identifier des cibles attractives pour le secteur, puis intégrer les intégrer dans le groupe, en réduisant leurs coûts et en augmentant leurs marges. "En plus de Syntel, de nombreux rachats d'Atos depuis 2008: la filiale IT de Siemens en 2010; Bull, le champion des superordinateurs; Xerox ITO, bien implanté aux États-Unis; ou Unify, une entreprise spécialisée dans les communications. D'autre part, Atos n'a pas racheté fin 2017 Gemalto, spécialiste français des cartes à puce, face à l'offre publique d'achat lancée par Thales sur cette société. Atos n'achètera pas GemaltoVirage de "Cloud" On peut aussi reconnaître que l'ancien ministre de l'Economie a pu prendre le géant numérique français "au tournant du cloud" (le "cloud computing", NDLR), à un moment où la gestion informatique l'infrastructure diminue en faveur du stockage de données à distance », explique Matthieu Lavillunière. Une sagacité dont, par exemple, n'a pas montré l'IBM américain, selon l'analyste. Pressenti pour faire partie du gouvernement d'Edouard Philippe après sa nomination, Thierry Breton n'a pas souhaité réessayer l'aventure ministérielle. Ce même homme de 63 ans a même voté en faveur de la réduction à 75 ans du mandat du CEO.

Cécile Frangne

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