Taxe sur les billets d’avion: le PDG de Ryanair condamne le "pellet" français

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L'introduction d'une écotaxe sur les tarifs aériens en 2020 secoue les géants de l'aviation. Et pour cause, quelques jours après l’annonce de la ministre des Transports, Elisabeth Borne, les réactions n’ont pas tardé. Après les critiques acerbes d'Air France, qui dénonce "un surcoût de 60 millions d'euros par an", c'est au tour de Ryanair, leader de l'aviation low cost, de prendre la parole.

Ryan Oder, PDG de Ryanair, se déchaîne jeudi dans le quotidien belge Le Soir, sur le niveau des taxes dans le transport aérien européen, "notamment en France", où une éco-contribution venait juste d’être annoncée. "Les hommes politiques ne manquent pas de courage, surtout en France", a-t-il déclaré.

L'annonce d'Elisabeth Borne, qui déclare que "le transport aérien prendra toute sa part dans le financement du transport quotidien de tous nos concitoyens", n'est pas le goût du patron de la société irlandaise, qui dénonce un manque de réaction . "Lorsque Macron applique une prétendue taxe écologique sur le diesel, il porte des gilets jaunes. Mais lorsque nous disons que nous allons taxer l'aviation, personne ne bouge", s'emporte-t-il.

Une taxe aérienne dont le montant varie en fonction de la destination et de la catégorie du billet sur les vols domestiques et intra-européens au départ de la France. Une répercussion directe est attendue sur le prix des billets d’avion, il faudra compter entre 1,50 et 18 euros de plus en fonction de la classe choisie.

"Nous payons déjà des millions d'impôts"

Selon Michael O'Leary, les politiques seraient pleines de contradictions. "Ce sont eux qui bloquent l'application du ciel unique européen, qui maintiennent les frontières dans les airs, obligeant les avions à faire des détours", a-t-il déclaré. "Ce sont eux qui défendent le monopole des contrôleurs aériens français, qui obligent les aéronefs qui relient l’Espagne à l’Italie à faire des détours énormes et des frais de carburant lorsque le contrôle du trafic aérien de Marseille est en grève."

Et pour continuer: "Si les gouvernements européens appliquaient ce qu’ils prétendaient faire pendant des années, nous économiserions déjà 10% de notre consommation et de nos émissions. Mais cela fait des années que rien ne bouge. L’automobile triplera ses émissions dans les années à venir, la Chine et l'Inde vont les doubler et, non, c'est toujours l'avion qui doit être taxé. "

"Nous payons déjà des millions de taxes. En moyenne, chez Ryanair, chaque passager paie 4 euros de taxes environnementales par voyage, soit 10% du prix", explique le PDG irlandais dans Le Soir.

Une taxe qui a également fait réagir l’opposition:

Cet entretien avec Michael O'Leary est publié au lendemain de la réunion à Bruxelles de l'association Airlines for Europe (A4E) – dont Ryanair est membre – qui réclame régulièrement plus de flexibilité et moins de contraintes dans l'espace aérien européen.

L’association affirme qu’en 2019, ses quinze membres (des sociétés prétendant représenter plus de 70% du trafic européen) devront payer plus de 5 milliards d’euros d’impôts ", montants qui auraient autrement pu être utilisés pour soutenir le secteur. efforts de décarbonisation ".

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