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Syrie : cessez-le-feu kurde-gouvernement en voie d’effondrement, affrontements et évasion de prisonniers de l’EIIS

Cessez-le-feu syrien avec les Kurdes en voie d’effondrement alors que les affrontements reprennent et que des prisonniers de l’EI s’échappent

RAQQA, Syrie – Un accord de cessez-le-feu fragile entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes semble s’effondrer moins de 24 heures après son annonce, alors que de nouveaux affrontements ont éclaté lundi et que des centaines de prisonniers de l’État islamique (EI) se sont évadés.

Les affrontements se sont concentrés autour de deux prisons du nord-est de la Syrie où sont détenus des membres de l’EI, selon les FDS. L’organisation a déclaré que plusieurs de ses combattants avaient été tués et plus d’une douzaine blessés. En réponse, les FDS ont lancé un appel à la mobilisation générale, exhortant « tous nos jeunes » à « rejoindre les rangs de la résistance ».

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, les FDS ont comparé leur situation actuelle à la résistance historique de Kobané en 2014 contre l’EI, promettant de transformer leurs villes en « cimetières » pour les combattants de l’EI soutenus par la Turquie.

Les négociations entre le chef des FDS, Mazloum Abdi, et des représentants du gouvernement syrien à Damas, qui avaient initialement abouti à un accord de cessez-le-feu dimanche, se sont finalement soldées par un échec, a confirmé un responsable kurde à l’agence de presse française AFP mardi. Le responsable a imputé l’échec du gouvernement central syrien.

L’instabilité actuelle est d’autant plus préoccupante que les FDS contrôlent plus d’une douzaine de prisons dans le nord-est de la Syrie, où sont détenus environ 9 000 membres de l’EI sans procès. Ces prisonniers, dont beaucoup sont accusés d’atrocités commises en Syrie et en Irak après la proclamation du califat de l’EI en 2014, représentent une menace sécuritaire importante.

Selon le ministère de la Défense syrien, des détenus de la prison de Shaddadi ont profité du chaos pour s’échapper, entraînant l’instauration d’un couvre-feu et le lancement d’opérations de recherche. Les estimations du nombre de fugitifs varient considérablement, le ministère syrien de l’Intérieur faisant état d’environ 120 évadés, tandis que le porte-parole des FDS, Farhad Shami, évoque un chiffre d’environ 1 500, selon le site web kurde Rudaw.

Les forces gouvernementales syriennes ont déclaré avoir recapturé 81 des évadés après des opérations de ratissage dans la ville et ses environs. Les deux parties, l’armée et les FDS, s’accusent mutuellement d’avoir facilité l’évasion des détenus.

Un convoi américain a été aperçu entrant dans la zone de la prison, apparemment pour tenter de servir de médiateur entre les deux parties. Les États-Unis entretiennent de bonnes relations avec le gouvernement syrien et les FDS.

Le bureau du président syrien par intérim, Ahmad al-Sharaa, a annoncé que ce dernier avait eu une conversation téléphonique avec le président américain Donald Trump, soulignant l’importance de préserver l’unité et l’indépendance du territoire syrien, ainsi que la nécessité de garantir les droits et la protection du peuple kurde. Les deux dirigeants se sont également engagés à poursuivre leur coopération dans la lutte contre l’EI.

Le gouvernement syrien a mis en garde les FDS contre l’utilisation des « affaires de terrorisme à des fins de chantage politique », affirmant qu’il était prêt à appliquer le droit international concernant les détenus.

L’EI a été vaincu en Irak en 2017 et en Syrie en 2019, mais ses cellules dormantes continuent de perpétrer des attaques meurtrières dans les deux pays.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a également mis en garde les FDS contre tout retard ou obstruction à la mise en œuvre de l’accord avec Damas, soulignant que « l’ère du terrorisme dans notre région est terminée ». La Turquie considère les FDS comme une organisation terroriste en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe séparatiste kurde qui mène une insurrection de longue date en Turquie.

La situation actuelle souligne la complexité du conflit syrien et les défis liés à la lutte contre le terrorisme dans la région. L’effondrement du cessez-le-feu et l’évasion de prisonniers de l’EI pourraient avoir des conséquences importantes pour la sécurité régionale et internationale.

[Image d’un soldat syrien gardant la prison d’Al-Aqtan, légende : Un soldat syrien monte la garde à l’extérieur de la prison d’Al-Aqtan, à la périphérie de Raqqa, dans le nord-est de la Syrie, le 19 janvier 2026. (Photo AP/Ghaith Alsayed)]

[Image d’un pont endommagé, légende : Des personnes traversent le pont d’Al-Rashid endommagé à pied, détruit par les troupes en retraite des FDS, un jour après que les troupes gouvernementales syriennes ont pris le contrôle de la zone à la périphérie de Raqqa, dans le nord-est de la Syrie, le 19 janvier 2026. (Photo AP/Omar Albam)]

Ce développement intervient dans un contexte de tensions croissantes dans la région et souligne la nécessité d’une solution politique durable au conflit syrien. La communauté internationale doit agir de manière décisive pour prévenir une nouvelle escalade de la violence et garantir la sécurité des civils.

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