Home InternationalSyrie : Amnesty International appelle à un traitement juste des détenus de l’EI et à la préservation des preuves.

Syrie : Amnesty International appelle à un traitement juste des détenus de l’EI et à la préservation des preuves.

Fragiles avancées et inquiétudes persistantes en Syrie après de nouveaux combats et un accord éphémère

Qamishli, Syrie – Un accord de cessez-le-feu fragile est en place en Syrie après une brève reprise des combats entre les forces gouvernementales et les Forces démocratiques syriennes (FDS) à la mi-janvier, laissant derrière lui des milliers de déplacés et des inquiétudes croissantes concernant le sort des personnes détenues soupçonnées d’affiliation à l’État islamique (EI).

Les hostilités, qui ont éclaté fin décembre 2025 dans la ville d’Alep, ont fait au moins 20 victimes civiles, selon les informations disponibles. L’escalade a été suivie d’un accord annoncé le 18 janvier par le président Ahmed al-Sharaa et le commandant des FDS, Mazloum Abdi, portant sur la gouvernance civile, les points de passage frontaliers, l’intégration sécuritaire et le transfert du contrôle des sites de détention liés à l’EI aux autorités syriennes.

Cependant, cet accord s’est effondré en moins de 24 heures, relançant les combats et provoquant le déplacement d’environ 11 000 personnes vers Qamishli, dans la province d’al-Hassake, selon l’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Un cessez-le-feu de quatre jours a finalement été négocié le 20 janvier, mais des signalements de combats sporadiques persistent.

Le principal enjeu de cette crise réside dans le sort des dizaines de milliers de personnes détenues dans des camps et des centres de détention du nord-est syrien, dont des Syriens, des Irakiens et des ressortissants étrangers. Amnesty International a souligné que ces détenus comprennent à la fois des auteurs présumés de crimes commis par l’EI et des victimes de l’organisation terroriste, notamment des survivants de la traite des êtres humains et des membres de minorités religieuses comme les Yézidis, enlevés par l’EI.

“Les autorités syriennes, en coordination avec les FDS, doivent mener un processus de contrôle conforme aux droits de l’homme dans les centres de détention et les camps qu’elles contrôlent désormais”, a déclaré Kristine Beckerle, directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord chez Amnesty International. “Elles doivent identifier ceux qui doivent faire l’objet d’une enquête et être poursuivis pour des crimes relevant du droit international ou du droit pénal national, ceux qui doivent être rapatriés, le cas échéant, et poursuivis dans leur pays d’origine, et ceux qui doivent être libérés. Les procédures pénales doivent respecter les normes internationales d’un procès équitable et ne pas recourir à la peine de mort.”

L’organisation a également insisté sur la nécessité urgente de sécuriser et de préserver les preuves des crimes de l’EI, notamment les sites d’atrocités et les fosses communes, ainsi que les documents détenus dans les centres de détention. Ces preuves sont essentielles pour établir le sort des Syriens disparus par l’EI et pour poursuivre les responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

La situation est d’autant plus préoccupante que le nord-est syrien est confronté à une crise humanitaire complexe, exacerbée par des années de conflit et de déplacement. Le sort des détenus, en particulier les femmes et les enfants, reste une préoccupation majeure pour la communauté internationale.

En 2024, Amnesty International avait déjà mis en évidence la situation désespérée des personnes détenues dans les camps et les centres de détention, appelant le gouvernement syrien, les autorités autonomes, la coalition dirigée par les États-Unis et les Nations unies à trouver des solutions durables à cette crise.

Les récents développements soulignent l’instabilité persistante en Syrie et la nécessité d’une approche globale pour résoudre les problèmes humanitaires et sécuritaires, tout en garantissant le respect des droits de l’homme et la justice pour les victimes des crimes commis par l’EI.

[Intégration potentielle d’un tweet récent d’une organisation humanitaire sur la situation en Syrie, ou d’une courte vidéo expliquant le contexte de la crise.]

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