Sylvain Berrios : « Saint-Maur, c’est mon choix du cœur »

| |

Encore un député-maire qui ne se représente pas aux législatives dans le Val-de-Marne. Ce mercredi soir, Sylvain Berrios, 49 ans, a annoncé à son équipe et ses soutiens qu’il préférait sa ville de Saint-Maur. C’est le 6 e parlementaire, sur 11, à ne pas repartir, et le 2 e à droite après Jacques-Alain Bénisti. A quelques heures de son annonce, Sylvain Berrios nous a reçus dans sa mairie.

Pourquoi préférez-vous rester maire ?

SYLVAIN BERRIOS. C’est un choix du cœur. Je suis un enfant de Saint-Maur. Ma décision est prise depuis 2012. J’ai été député pour des raisons locales, liées à mon prédécesseur. Mes opposants ont toujours cru à une posture. Mais j’ai toujours dit que si la loi sur le non-cumul des mandats, que j’ai votée, passait, je resterais à Saint-Maur. Je l’ai réaffirmé lors des municipales. Le respect de l’engagement pris, c’est la marque de fabrique de mon équipe. C’est une ligne infranchissable qui facilite la décision et l’action.

Si votre choix était fait depuis longtemps, pourquoi avoir attendu ?

Je ne voulais pas de tractations bassement politiciennes. Saint-Maur n’est pas à vendre. J’ai été élu en homme libre, sans investiture. Les Saint-Mauriens sont particulièrement attachés à cette indépendance. J’ai attendu longtemps pour être sûr de celui qui me succédera. Un élu local en qui j’ai une confiance absolue, qui a une éthique mais aussi une dimension personnelle qui lui permette de porter la voix de Saint-Maur, de la circonscription.

Vous avez donc trouvé…

Oui. J’ai demandé à André Kaspi (NDLR : adjoint à la culture) de bien vouloir prendre le relais et il a accepté. Il a travaillé avec Jean Monnet, père fondateur de l’Europe, c’est un historien, professeur à la Sorbonne. Il a une dimension exceptionnelle et nous avons une confiance réciproque. Il présidait mon comité de soutien quand je me suis présenté. Je ferai de même.

Vous ne regrettez pas de quitter le Parlement ?

Jusque-là, le Graal absolu pour un élu était d’être parlementaire. Ma génération ne réfléchit plus comme ça. Il y a plusieurs vies possibles. Et puis, l’Assemblée nationale ne fonctionne pas convenablement. On n’écrit pas bien la loi, en discutant des textes à 4 heures du matin, devant cinq députés, c’est surréaliste.

Pourtant, vous avez aimé être parlementaire ?

J’ai adoré. J’ai vécu des moments très marquants, la loi sur la fin de vie, le mariage pour tous et la GPA, j’ai siégé jour et nuit. Ces minutes de silence, après les attentats. Ces instants quand on monte à la tribune, en pensant à tous ceux qui nous ont précédés, Victor Hugo, Simone Veil, Robert Badinter. On se dit qu’on écrit une partie de l’histoire de France. C’est extraordinaire. Mais je veux m’attacher à écrire l’histoire de Saint-Maur.

Vous avez encore beaucoup à faire à Saint-Maur ?

En trois ans, nous avons redressé les finances, préservé le cadre de vie avec le PLU, adopté un plan pluriannuel d’investissement jusqu’en 2022. Dans les six à dix ans, avec la gare du Grand Paris, la ZAC des Facultés, la baignade dans la Marne, Saint-Maur aura retrouvé son rayonnement, sans rien renier à son histoire, à son esprit. Jamais je ne renoncerai à ça pour les ors de la République.

Previous

Pourquoi les perspectives s’évanouissent pour l’approbation d’un vaccin contre le coronavirus en 2020

Lagarde, avis unanime de la BCE sur l’action en décembre – Ultima Ora

Next

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.