Souvent plus de 4 personnes par m2: à Paris, le métro est au bord de l'asphyxie

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Si vous n'aviez pas pris le métro parisien depuis cinq ans et que vous redescendez ces jours-ci dans le transport souterrain de la capitale, vous percevrez probablement la différence: les voyageurs y sont de plus en plus nombreux.

selon données disponibles gratuitement auprès de la RATP, compilé par le service Data du Parisien, que nous dévoilons aujourd’hui, nous comptons, sur l’ensemble du réseau de la régie (les 14 lignes de métro, le RER A sauf la branche entre Nanterre et Cergy / Poissy, et le RER B au sud de la Gare du Nord), 1,843 milliard de voyages en 2018 (Remarque: voir encadré)! Ce chiffre est en augmentation constante puisque, par rapport à 2013, le nombre de visiteurs du réseau a augmenté de 4,5% en cinq ans.

L'équivalent de la population de Rennes plus chaque jour

Ce pourcentage, qui peut paraître modeste, vous donne le vertige lorsque vous le comparez aux volumes exceptionnels de passagers transportés. En cinq ans, il s’agit de 79,5 millions de voyages supplémentaires sur le réseau, soit une moyenne de 217 837 passagers supplémentaires par jour. Si on compare 2018 à 2013, c'est comme si le métro parisien transportait quotidiennement, en plus, toute la population de la ville de Rennes! Et cela, réseau presque constant, sans nouvelles lignes et avec peu de nouveaux trains.

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Découvrez le nombre d'entrées dans votre station de métro

"Il y a effectivement une augmentation de la mobilité sur notre réseau", confirme Philippe Martin, directeur général adjoint de la RATP. Ce spécialiste qui connaît sur le bout des doigts le réseau parisien voit plusieurs explications: un "dynamisme de l'activité économique", "le déclin de la voiture dans la zone centrale" (Paris et la petite couronne), ou "la baisse du trafic de bus à Paris, de l'ordre de 4%, en raison de gros travaux, ce qui provoque un report sur le métro que nous espérons passager ". Il voit également dans cet afflux la preuve de "l'efficacité" d'un réseau de métro et de RER "de plus en plus plébiscité par les gens".

La plus forte hausse à la périphérie

Dans le détail, l'augmentation de la fréquentation est particulièrement perceptible dans les gares situées à l'extrémité du réseau. Il s’agit de gares toutes neuves dans de nouveaux quartiers – comme la Mairie de Montrouge sur la ligne 4 en 2013 ou Front Populaire le 12 en 2012 – ou bien de gares connectées à de nouveaux moyens de transport – Saint-Denis Porte de Paris le 13 est en correspondance avec le tramway T8 depuis 2014 – ou de nouveaux immeubles de bureaux – Balard sur la ligne 8 a accueilli plus de 9 000 employés du ministère de la Défense en 2015.

Souvent plus de 4 personnes par m2: à Paris, le métro est au bord de l'asphyxie

Ce qui ne signifie pas que les stations du centre sont vides. Au contraire, "ce sont dans les zones centrales où il y a le plus de saturation", explique Philippe Martin. Plus de 88 millions d'entrées par an à la Gare du Nord, 46 millions à Saint-Lazare, 36 millions à la Gare de Lyon … Les entrées du métro sont logiquement concentrées dans les principaux échangeurs.

"Problèmes de confort"

Et, réseau presque constant, avec plus de gens dans autant de rames, la conclusion s'impose … C'est la saturation. "Nous ne devons pas nous leurrer: nous n’avons pas de grave problème de transport, mais pour certains voyageurs, le confort n’est pas tout à fait satisfaisant, surtout aux heures de pointe", reconnaît Philippe Martin. La Directrice Générale de la RATP, Catherine Guillouard, a identifié trois lignes saturées: la 1, la 9 et la 13.

Pour mesurer ce "taux de facturation", le bureau de contrôle effectue des comptages réguliers. Lorsque vous dépassez 4 personnes par mètre carré, la ligne est surchargée. "C’est pourquoi nous parlons parfois de 120% de charge sur la ligne 13", déclare Philippe Martin. Aux heures de pointe, nous visons une charge de 85 à 90% sur nos lignes. "

Cependant, il n’existe actuellement aucun indicateur officiel du niveau de saturation dans les rames de métro. Dans son contrat avec Ile-de-France Mobilités (IDFM), autorité chargée de l'organisation du transport, la RATP n'est évaluée que sur la régularité aux heures de pointe. "Sur ce point," le bilan est positif, confirme Valérie Pécresse, présidente de la région et de l'IDFM. Même les 13 restent au-dessus des objectifs. La régularité n'est donc pas au rendez-vous, mais la saturation pose problème. Nous devons suivre de près ces indicateurs. "

Un problème sensible pour la région, d’autant plus qu’il ne se limite pas à la RATP. Si l'on prend tous les transports en commun d'Ile-de-France (RATP mais aussi bus SNCF ou Optile en grande couronne), la fréquentation explose également. Selon nos informations, la dernière enquête exhaustive sur les transports révélera qu'il y aurait eu 9,4 millions de déplacements par jour en transport en commun en 2018, contre 8,5 millions il y a 8 ans, soit une augmentation de 10,5%. Bienvenue dans le réseau de transports en commun le plus actif d'Europe.

1 843 milliards de voyages en 2018

Les données que nous publions ne concernent que les "entrants directs" du réseau RATP, c'est-à-dire exclusivement les voyageurs venant de la voie publique ou du réseau SNCF. C'est essentiellement le nombre de fois qu'un tourniquet a laissé passer quelqu'un. Les voyageurs se connectant sur le réseau RATP ne sont donc pas comptabilisés. Par exemple, si vous prenez la ligne 5 à la Gare du Nord puis la ligne 1 à Bastille, vous êtes compté une fois, à l’entrée de votre gare du Nord. Et si vous faites le voyage de retour, votre voyage est compté à nouveau, cette fois comme une entrée à Bastille.

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