Société. Gérald Darmanin annonce l’expulsion à venir d’un imam au « discours haineux »

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé ce jeudi l’expulsion à venir d’un imam du Nord, Hassan Iquioussen, réputé proche des Frères musulmans, pour des appels à la haine et à la violence. Dans un tweet, il a fait valoir que cette expulsion était justifiée par le fait que « ce prédicateur tient depuis des années un discours haineux à l’encontre des valeurs de la France contraire à nos principes de laïcité et d’égalité entre les femmes et les hommes ». « Il sera expulsé du territoire français », écrit le ministre.

« Aujourd’hui, il m’est reproché de tenir des propos discriminatoires voire violents, ce que je conteste avec force. Je fais confiance en la justice et à mes conseils afin d’annuler cette procédure d’expulsion », a réagi Hassan Iquioussen dans un post sur sa page Facebook.

Des accusations d’antisémitisme

Prêcheur islamique, très actif sur les réseaux sociaux, notamment avec une chaine YouTube suivie par 169 000 personnes et une page Facebook comptant 42 000 abonnés, Hassan Iquioussen, 57 ans, avait été accusé en 2004 de propos antisémites par le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) qui s’en était ému auprès de l’ex UOIF (Union des organisations islamiques de France) devenue depuis « Musulmans de France » . Vivant à Lourches, près de Valenciennes, Hassan Iquioussen avait continué à tenir, selon les éléments recueillis par la préfecture du Nord dont l’AFP a eu connaissance, des discours « haineux envers les valeurs de la République dont la laïcité » et « l’égalité entre les femmes et les hommes », et à développer « des thèses antisémites ». Il lui est reproché aussi d’inciter « à une forme de séparatisme » et d’alimenter « des thèses complotistes autour de l’islamophobie ».

Le 22 juin dernier, la commission départementale d’expulsion des étrangers a donné un avis favorable à son expulsion, a affirmé ce jeudi à l’AFP le ministère de l’Intérieur, confirmant une information du Indiquer. L’arrêté d’expulsion « va être pris dans les prochaines heures », a-t-on ajouté de même source.

Aucun arrêté n’avait encore été notifié en fin d’après-midi, selon l’avocate de Hassan Iquioussen, Me Lucie Simon, qui a indiqué à l’AFP envisager un référé devant le tribunal administratif de Paris et une saisine de la Cour européenne des droits de l’Homme. « La préfecture se base sur des notes blanches, ne rapportant aucun propos récent ni vérifiable, les conférences citées n’ayant pour la plupart pas fait l’objet de captation alors que plus de mille vidéos de lui figurent sur internet », a-t-elle affirmé. Elle a mis en avant les « récentes et nombreuses prises de positions publiques », de son client « en faveur de la laïcité, de l’égalité homme-femme, des valeurs de la République et contre la xénophobie ». S’il « représentait une menace d’une telle gravité pour la France, l’on peut croire que des poursuites judiciaires auraient été diligentées à son endroit, ce qui n’est pas le cas », a-t-elle pointé, dénonçant un « opportunisme politique ». « Nous nous inquiétons qu’en cas de retour au Maroc, ses prises de position politiques mettent sa vie en danger », a-t-elle ajouté.

L’expulsion de ce prédicateur, père de 5 enfants majeurs, n’était pas possible avant la loi luttant contre le séparatisme promulguée en août 2021. Né en France, il avait la nationalité française jusqu’à ce qu’elle lui soit retirée à sa majorité. De nationalité marocaine depuis, il avait alors bénéficié de titres de séjour. C’est à la faveur d’une demande de renouvellement cet hiver de son titre de séjour de dix ans qui arrivait à expiration que les autorités françaises ont décidé d’utiliser la loi d’août 2021.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Pinterest

Leave a Reply

Your email address will not be published.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

ADVERTISEMENT