Sabri Essid, un djihadiste français présumé mort, sous enquête pour crimes contre l'humanité, une première

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Capture d'écran du 10 mars 2015 d'une vidéo diffusée par Daesh et présentant "très probablement" Sabri Essid. – – Médias Al-Furqam

Le bureau du procureur national antiterroriste (PNAT) a pour la première fois chargé des juges d'instruction de mener des enquêtes sur des soupçons de crimes contre l'humanité commis par un djihadiste français. Cette figure du mouvement toulousain est accusée d'abus commis contre les yézidis, a été appris vendredi de source judiciaire. Le pôle "crimes contre l'humanité" du PNAT, qui enquête depuis plusieurs années sur les crimes commis par cette minorité religieuse, a ouvert vendredi une information judiciaire pour "génocide" et "crimes contre l'humanité", exigeant la mise en accusation de
Sabri Essid pour les faits commis entre 2014 et 2016.

Cette Toulouse née en 1984, fils d’un ami de la mère de Mohamed Merah, est cependant
présumé mort depuis plus d'un an et demi, avait déclaré à l'AFP une source proche du disque début 2018. Un magazine non officiel, Daesh, avait également annoncé le décès du "demi-frère" de l'auteur des meurtres de mars 2012 dans le journal. Région toulousaine.

Un procès pourrait avoir lieu

Jusqu'à présent, les djihadistes français n'étaient poursuivis que pour des infractions terroristes. Des associations, dont la FIDH, ont appelé à élargir le champ des soupçons de crimes contre l'humanité. Les juges d'instruction de la section spécialisée "Crimes contre l'humanité" du tribunal de Paris poursuivront désormais leurs enquêtes. Faute de preuves de la mort d’Essid, un procès pourrait toujours avoir lieu, offrant aux victimes yazidites la possibilité de porter plainte au civil.

"Il s'agit d'une avancée significative et inattendue", a salué M. Patrick Baudouin, président d'honneur de la FIDH, rejoint par l'AFP. "La caractérisation des crimes contre l'humanité permettra de recueillir davantage de témoignages de victimes, ainsi que d'élargir et d'approfondir les enquêtes, tout en remontant les chaînes de commandement", a-t-il expliqué. Il a également une valeur éducative pour l’opinion publique, étant donné l’ampleur de ces crimes planifiés à grande échelle. "

Condamné à la France, il est parti en Syrie

En août 2014, les djihadistes de Daesh avaient envahi le mont Sinjar, fief de cette minorité religieuse parlant le kurde dans le nord de l'Irak, tuant des milliers d'entre eux et enlevant des milliers de femmes et de filles, les réduisant à l'état d'esclaves sexuels. Au printemps 2014, Essid est allé rejoindre Daesh
en Syrie. Il a été reconnu en mars 2015 sur une vidéo diffusée par le groupe terroriste, où il est vu avec son gendre, âgé de 12 ans, en train de tirer un Palestinien au front comme un espion. .

Sabri Essid avait déjà été intercepté en 2006 par l'armée syrienne avec une autre figure du jihadisme français du sud-ouest, Thomas Barnouin, alors qu'ils se rendaient en Irak pour participer au jihad contre la coalition internationale. Ramenés en France, ils ont été condamnés en 2009 à cinq ans d'emprisonnement, ainsi que d'autres personnalités du secteur toulousain distribuées pour le djihad lors de leur sortie de prison, dont les frères Clain, porte-parole de la revendication des attentats du 13 novembre et presume mort.

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