Rugby. À quand remontent les dernières séances de tirs au but en Coupe d’Europe et en Top 14 ?

Vous avez dit tirs au but en rugby ? Eh bien, oui, ces séances au suspense insoutenable existent aussi dans le monde de l’ovalie. La dernière en date a été livrée samedi 7 mai, pour un quart de finale de Coupe d’Europe d’anthologie entre le Stade Toulousain et le Munster. À égalité à la fin des 80 minutes de jeu (24-24), les deux formations sont parties en prolongation… Sans réussir à faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Le sort du match a donc dû se décider aux tirs au but, au terme d’une partie à couper le souffle : alors que les Toulousains Antoine Dupont, Thomas Ramos et Romain Ntamack ont réalisé un sans-faute, Ben Healy et Conor Murray ont échoué face aux perches. Résultat, 4 tirs au but à 2 pour le Stade, et une place en demi-finale, au terme d’une rencontre folle.

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Rares sont les parties de rugby qui se terminent ainsi. Mais l’Hexagone et l’Europe en ont quand même connu des mémorables.

Retour sur trois d’entre elles.

16 avril 1995 : Castres – Perpignan en quarts de finale du championnat de France

Depuis l’apparition de la poule unique dans le championnat de France, au cours des années 2000, aucune rencontre ne s’est soldée par une séance de tirs au but. Il faut remonter à la saison 1994-1995, avant l’avènement du rugby professionnel, pour en être témoin.

Lors du quart de finale entre Castres et Perpignan, à Nîmes, les deux équipes virent à égalité au bout des 80 minutes de jeu : 12-12 et quatre pénalités partout.

Les prolongations ne les départagent pas non plus, puisque les deux buteurs, Cyril Savy pour le CO, et Eric Tréséné pour l’Usap, en rajoutent chacun une à leur équipe ((15-15, ap).

Il ne faudra pas attendre très longtemps avant de voir un raté : sous la pression, l’ouvreur catalan Dominique Appy manque sa première tentative. Un raté que les Perpignanais payent très cher, puisque Castres ne manque aucun de ses tirs au but (5-4) et remporte ce quart de finale.

Le CO continuera son beau parcours, jusqu’à la finale, où il sera nettement battu par le Stade Toulousain (31-16).

LIRE AUSSI. Rugby. Le Stade Toulousain qualifié aux tirs au but en Coupe d’Europe… Mais comment ça marche ?

3 mai 2009 : Leicester et Cardiff pour une place en finale de Coupe d’Europe

En ce 3 mai 2009, pour la première fois de l’histoire des compétitions européennes, un match se termine aux tirs au but. La demi-finale de la Coupe d’Europe oppose Leicester aux Cardiff Blues, invaincus à domicile cette saison-là. À la pause, le match était déjà très serré : 13-12 pour Leicester. Les Anglais enfoncent le clou au retour des vestiaires, avec un essai rapide de Geordan Murphy. Ils tournent même à 14 points d’avance, soit deux essais transformés.

Mais les Blues profitent d’un carton jaune contre Murphy pour déposer deux ballons dans l’en-but, par Jamie Roberts et Tom James. Au coup de sifflet final, les deux équipes sont à égalité (26-26).

Idem après 110 minutes de jeu. Les buteurs s’avancent donc pour les tirs au but, devant 44 000 spectateurs amassés dans les tribunes du Millenium de Cardiff. À cette époque, les joueurs tirent tous du même endroit sur la pelouse.

Johne Murphy manque le quatrième coup de pied du Leicester, donnant, alors, l’avantage virtuel aux Blues. Mais le coup de pied de Tom James passe aussi à côté. « On agonise ! »ironisent les commentateurs anglais.

Martyn Williams, troisième ligne de son état, est le septième tireur à s’avancer. Son ballon file à gauche du cadre. Jordan Crane a le ballon du match entre les pieds, et ne le manque pas : Leicester s’impose 7 à 6 et file en finale.

Les Tigers s’y inclineront face au Leinster (16-19).

12 juin 2021 : Biarritz-Bayonne, match d’accession au Top 14

Ce match d’accession au Top 14 entre Biarritz et Bayonne ne restera probablement pas dans les annales. En tout cas pas pour les 80 premières minutes de jeu, achevées sur un pâle 3-3. Après prolongation, même combat, les deux équipes se quittent sur un score peu reluisant, 6 partout.

Le destin de la rencontre se dessine donc aux tirs au but. Et là, une nouvelle séance légendaire attend les fans d’ovalie.

Les cinq premiers tireurs des deux camps réussissent tous leur coup de pied, malgré un soleil éclatant en face d’eux. À 5-5, c’est le tir au but en or : le premier qui rate dit adieu à ses rêves de Top 14. Les 5 000 spectateurs du Parc des Sports d’Aguiléra, à Biarritz, retiennent leur souffle.

Aymeric Luc, révélation de la saison (10 essais), côté bayonnais, prend ce sixième penalty… Qui passe à côté des poteaux. Les Biarrots exultent déjà, alors qu’il leur reste un tir au but à assurer.

Comme un symbole, le capitaine Steffon Armitage s’avance, ajuste sa frappe… Et le ballon passe pile entre les perches (6-5). La pelouse est envahie par les supporters biarrots, alors qu’Aymeric Luc est effondré, inconsolable sur le pré.

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Biarritz remporte l’Access Match, retrouve le Top 14, sept ans plus tard… Et renvoie son rival bayonnais en Pro D2.

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