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Revue BBCNOW/Jeannin – Ravel exultant et Stravinsky extravagant | BBC National Orchestra of Wales

Sofi Jeannin est surtout connu au Royaume-Uni en tant que chef d’orchestre des BBC Singers. Elle y fait ses débuts avec le BBC National Orchestra et Choeur du Pays de Galles dans un programme insolite de musique française du début du XXe siècle. Cela a créé une image richement résonnante.

Ravel n’avait probablement pas l’intention que sa cantate L’Aurore de 1905 voie le jour : rappel trop douloureux de son échec à remporter le Prix de Rome cette année-là. Quelques beaux moments pointant vers le maître-orchestrateur et coloriste qu’il deviendra suggèrent qu’il a bel et bien été volé. La voix du soliste ténor Roland George a émergé fortement des rangs du chœur, dont l’acclamation du soleil levé a atteint un paroxysme exultant.

Lili Boulanger a remporté la très convoitée distinction de Rome en 1913, alors qu’elle n’avait que 19 ans, et sa Vieille Prière Bouddhique, une prière quotidienne pour l’univers entier, date de l’année suivante. Comme Ravel, elle équilibre le chœur avec un ténor soliste, cette fois Deryck Webb. Des inflexions modales et des harmonies expressives lui donnaient une aura légèrement exotique, mais c’était le flot ondulant du solo de flûte centrale entendu contre deux harpes qui soulignait le mieux la musicalité instinctive de Boulanger.

Les Symphonies pour instruments à vent de Stravinsky étaient l’hommage du compositeur à son ami Debussy, mais ici aussi semblaient embrasser Boulanger, décédé à peine 10 jours avant Debussy, de 31 ans son cadet. En utilisant la partition révisée de 1947, Jeannin a assuré la précision rythmique serrée de Stravinsky et la solennité rituelle de la section finale du choral. C’était vraiment l’occasion d’apprécier les bons instrumentistes à vent de BBCNOW, qui étaient également la clé de la Symphonie des Psaumes de Stravinsky, nécessitant désormais de manière extravagante cinq flûtes, hautbois et trompettes, mais ni violons ni altos.

Jeannin a maîtrisé les sonorités massives des chœurs et des instruments avec une autorité tranquille, notamment dans la mise en musique du troisième mouvement du Psaume 150, le sens de l’attachement de Stravinsky aux rites orthodoxes de sa patrie toujours présent. Tout en commémorant les amis tombés pendant la première guerre mondiale, Le Tombeau de Couperin de Ravel a été conçu dans une veine discursive, les vents de l’orchestre – le hautboïste Steve Hudson en particulier – encore une fois les plus éloquents. Tout cela a contribué à une soirée mémorable.

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