Australie : L’appel à un registre national des armes à feu se renforce après l’attaque de Bondi
Sydney, Australie – L’attaque mortelle de Bondi Junction, qui a fait six victimes et plusieurs blessés, a relancé le débat sur le contrôle des armes à feu en Australie, avec des appels croissants pour la mise en place d’un registre national numérique des armes à feu. Actuellement, le pays s’appuie sur un système papier jugé obsolète et inefficace par de nombreux observateurs.
Zali Steggall, députée indépendante représentant la circonscription de Warringah à Sydney, a exprimé les inquiétudes de sa communauté face à la prolifération des armes à feu dans les zones urbaines densément peuplées. “Combien d’armes à feu sont réellement présentes dans nos communautés ?”, s’est-elle interrogée, soulignant l’absence d’une vue d’ensemble précise. “En 2026, l’Australie n’aura toujours pas de registre national numérique des armes à feu. Nous nous reposons sur un système papier. C’est absurde.”
Steggall a dénoncé un système “dépassé, inefficace et tout simplement inacceptable”, arguant qu’il est impossible de connaître avec certitude le nombre d’armes en circulation, leur localisation et les personnes y ayant accès, particulièrement dans un contexte de tensions sociales croissantes, de radicalisation en ligne et de crise des violences domestiques.
L’appel à un registre national n’est pas nouveau. Il remonte aux suites de la tragédie de Port Arthur en 1996, où 35 personnes ont été tuées lors d’une fusillade de masse. Suite à cette catastrophe, des lois strictes sur le contrôle des armes à feu ont été adoptées, mais la mise en place d’un registre national complet a été retardée pendant des décennies.
Le gouvernement australien a annoncé un plan pour lancer un registre national d’ici mi-2028, comme le confirme le site web du ministère de l’Intérieur (https://www.homeaffairs.gov.au/about-us/our-portfolios/criminal-justice/firearms/national-firearms-register). Cependant, certains estiment que ce délai est trop long.
L’Australie a historiquement affiché des taux de violence par armes à feu bien inférieurs à ceux des États-Unis, en grande partie grâce à des lois strictes sur le contrôle des armes à feu. Selon les données de l’Institut australien de criminologie, le taux de décès par armes à feu est d’environ 0,8 pour 100 000 habitants, comparativement à plus de 14 pour 100 000 aux États-Unis.
L’attaque de Bondi a également suscité des réactions politiques divergentes. Plusieurs députés de la coalition ont plaidé pour un renforcement de la lutte contre l’extrémisme islamique plutôt que pour une réforme du contrôle des armes à feu. Ce débat souligne les tensions persistantes au sein de la société australienne sur la question de la sécurité et de la liberté individuelle.
L’incident a ravivé le souvenir des tragédies passées et souligné la nécessité d’une évaluation continue des mesures de sécurité et de contrôle des armes à feu en Australie. La question de savoir si le gouvernement accélérera la mise en place du registre national et renforcera les contrôles d’accès aux armes à feu reste au cœur des préoccupations du public.
